Le 1er mars, jeudi, à Fontainebleau.—Il dit que quand il verra qu'il voudra être opiniâtre, il s'en ira mettre en un coin pour dire son Pater, afin de chasser incontinent le mauvais ange qui le fait être opiniâtre.

Le 2, vendredi.—Éveillé à six heures, amusé dans son lit jusqu'à sept heures et demie; fouetté comme je suis entré en la chambre. J'ai trouvé Mme de Montglat en colère contre lui et marrie de ce que j'ai rencontré la chambre ouverte. A onze heures dîné; il est venu un ambassadeur de la part de l'Électeur Palatin[387] qui lui a présenté une lettre de la part du comte Frédéric, comte Palatin, dont voici la copie:

Monsieur, je me persuade que vous ne l'aurés point desagréable si je prens la hardiesse de me servir d'une si bonne occasion pour vous representer la joye extrême que j'ay de vostre prospérité et vous donner les asseurances de ma très-humble devotion à voir fleurir vostre grandeur. C'est, Monsieur, tout mon desir que d'ensuivre les traces de mes prédécesseurs au bien et service de la corone de France, et d'esprouver un jour ceste protestation de mon zèle pour meriter l'honneur de vostre bienveillance et bonne grâce et demeurer à jamais, Monsieur, vostre plus humble et très-affectionné à vous faire service.

Friderich comte Palatin.

De Heydelberg, ce 19 de janvier 1607.

Le 7, mercredi.—Les députés de Bretagne le viennent voir.

Le 8, jeudi.—Il écrit au Roi une lettre en latin, faite par M. Hubert, une autre en françois à la Reine.

Le 30, vendredi.—Il s'est botté pour aller environ une lieue au devant du Roi, qui le fait mettre dans son Mars
1607 carrosse, où il le ramène au château. Après souper il va voir le Roi et la Reine[388].

Le 31 mars, samedi.—Il va chez le Roi, lui donne sa chemise, puis va avec lui se promener au grand canal, puis à la chapelle. Mené chez M. Zamet, où dînoit le Roi.

Le 5 avril, jeudi, à Fontainebleau.—Mené à la chapelle, puis allé chez la Reine; le Roi revient de la chasse; dîné avec le Roi[389]. J'arrive à cinq heures[390]; il vient au devant de moi, me demande l'arbalète à jalet que je lui avois promise. Je la lui donne, il frétilloit après. A huit heures et demie mené chez LL. MM., il leur donne le bonsoir.