Le 7, vendredi, à Saint-Germain.—Il prend une lime, s'amuse à limer une clef attachée à un petit étau, puis se remet à la peinture[550].
Le 9, dimanche.—Il va à la messe à la petite salle, puis va se jouer à la salle du bal. Il me somme de la promesse que le matin je lui avois faite de le faire sortir; sorti au jardin.
Le 16, dimanche.—Il s'amuse avec plume et encre à faire des maisons sur le papier[551]. En dînant il parle de faire la monstre de sa compagnie, dit: Féfé Chevalier c'est le capitaine; le lieutenant c'est mousseu de Momorency (qui étoit là présent); je suis caporal, il y trois ans que j'étois cadet. A deux heures, il prend sa bandoulière, son épée, arme sa compagnie (c'étoient MM. de Mortemart, de la Voute, de Liancourt, de Pressy, de la Roche-d'Anjou, de Fontaine-Martel, de Torigny et lui qui marchoit au premier rang, ayant M. de Verneuil à son côté); il va prendre le tambour de M. de Mansan et marche en bataille.
Le 18, mardi.—Il s'amuse à la peinture. Mis au lit, il s'amuse à entretenir M. du Tost, qui avoit les oiseaux Nov
1608 de la chambre du Roi, sur ce qui étoit de la nourriture et traitement des oiseaux, en parle en termes propres et avec action de personne entendue et qui y prend plaisir.
Le 20 novembre, jeudi.—Il est vêtu d'un habit d'écarlate; M. de Frontenac arrive, et lui dit: «Monsieur, vous voilà maintenant habillé en chasseur»; il lui répond: C'est pour chasser le froid; il faisoit froid aussi.
Le 21, vendredi.—Il va au bâtiment neuf pour y attendre le Roi; à quatre heures le Roi arrive, et le reçoit au bout du parterre. A cinq heures, en la chambre, dansé en branle devant le Roi. Soupé avec le Roi, il mange du potage à l'oignon, de celui du Roi, huîtres crues, sole en pâté, et prend une cuillerée de la poudre digestive du Roi. Il va avec le Roi chez M. d'Anjou.
Le 22, samedi, à Saint-Germain.—Il va entendre la messe au bâtiment neuf, et fait mener un petit nouveau chariot par un petit mulet que M. de Courtenvaux lui avoit donnés. A onze heures et demie dîné; il se remet à la peinture. A deux heures mené en carrosse jusques auprès de Herbelay, au devant du Roi revenant de la chasse. Soupé avec le Roi; peu après le Roi vient en la chambre de M. d'Anjou, fait railler Messieurs ses enfants. Mlle de Verneuil dit qu'elle est fée et fille d'une fée, et ils se mettent à deviner. Mgr le Dauphin lui dit: Je gage que vous aurez demain le nez de même que vous l'avez astheure. Elle lui dit: «Je gage que vous l'aurez aussi de même que vous l'avez.»—Ho! j'en ai un autre plus long, je le change quand je veux. A huit heures et un quart il donne le bonsoir au Roi, est ramené en sa chambre, s'amuse à la peinture.
Le 23, dimanche.—Il entend la messe à la chapelle avec le Roi[552]; s'amuse auprès du Roi en la galerie jusques à une heure et demie que le Roi s'en retourne.
Nov
1608
Le 26 novembre, mercredi.—Il va à Poissy, à la profession de l'une des filles de M. de Frontenac, mène à la messe la petite fille qui devoit être religieuse, la mène à l'offrande, voit froidement la cérémonie. Ramené à Saint-Germain il s'amuse à peindre avec la plume, fait des chevaux tirant des charrettes. Mis au lit, comme je tenois mon Hippostologie[553], il en avise le titre, le lit; il lui en faut rendre raison et de toutes les figures.