Le 12, dimanche, à Fontainebleau.—Mené chez LL. MM. et à la procession[589], avec le Roi.
Le 13, lundi.—Lu, écrit, tiré des armes, mené à la messe en la chapelle, puis chez LL. MM. Après souper il s'amuse à peindre[590].
Le 16, jeudi saint.—Il ne veut point déjeuner pource que M. de Souvré lui dit que le Roi, qui se trouvoit Avr
1609 un peu mal, lui commandoit d'aller laver les pieds aux petits enfants. Il ne y peut consentir, jusques à ce que M. de Souvré lui dit qu'il les laveroit; il a déjeuné puis il dit soudain: Mousseu de Souvré, souvenez-vous de votre promesse. M. de Richelieu[591] lui demanda s'il lui plaisoit pas qu'il fût le Dauphin pour lui, et qu'il laveroit les pieds: Je le veux bien, mais je reviendrai incontinent. Il demande à étudier, mais c'est pour gagner le temps. Mené chez le Roi, qui lui demande s'il veut pas aller laver les pieds aux petits enfants: Oui, mon père, mais j'aimerois mieux sauter le fossé; c'étoit un petit fossé que deux jours auparavant le Roi lui avoit fait sauter, et où il avoit mis une jambe dans l'eau, ne l'ayant pu franchir. Mené à la grande salle à neuf heures et demie, il fait fort bien la cérémonie du lavement des pieds, est servi par M. le comte de Soissons, grand maître, et autres officiers du royaume, comme si c'eût été le Roi. Après souper mené chez LL. MM.; au retour, il s'arrête de lui-même au reposoir qui étoit en la salle, y prie Dieu.
Le 17, vendredi saint, à Fontainebleau.—Mené à la salle du cheval, au sermon du P. Coton.
Le 18, samedi.—Il écrit à M. de Lesdiguières, le remerciant des armes qu'il lui avoit envoyées[592]; mené à la messe en la chapelle, il va à confesse au P. Coton. A quatre heures et demie il entre en carrosse avec LL. MM., qui le mènent voir l'eau mise au grand canal.
Le 19, dimanche, jour de Pâques.—A deux heures il est mené au sermon du P. Coton.
Le 20, lundi.—Mené chez LL. MM., où il voit un miroir ardent qui fondoit du plomb.
Le 22, mercredi.—Le fils du mylord Cécil, Anglois, Avr
1609 le vient saluer; mené à la chasse au blaireau, il y mène le fils du mylord Cécil.
Le 23 avril, jeudi.—Il s'amuse en sa chambre à raboter des ais; il y avoit des menuisiers.
Le 27, lundi, à Fontainebleau.—A deux heures mené chez la Reine, il y dit tous ses mots latins. Mené à cinq heures promener au parc avec le Roi: près de la bonde, il y avoit une rigole d'un pied et demi de largeur par où l'eau tomboit dans le grand canal. Le Roi le faisoit sauter cette rigole; il la sautoit sans course. Il lui commande de la sauter avec course: la crainte qu'il avoit de ne prendre pas justement son élan, de tomber dedans et faire rire le monde, fut cause qu'il ne voulut jamais sauter à course. Le Roi sauta pour lui en donner la volonté, en fit sauter plusieurs. M. de Souvré le menace du fouet, il répond qu'il aime mieux l'avoir que de sauter. Cela offensa le Roi, qui commanda qu'il le fût. Ramené en son cabinet avec protestation de vouloir sauter. Fouetté de trois coups de verge, ce fut la première fois, il dit: Ce n'est rien; il ne m'a pas fait mal. A neuf heures il va chez le Roi, où quelques-uns de ses petits gentilshommes se préparent de jouer quelques vers de la Bradamante[593] devant le Roi; il avoit sept vers à dire de Charlemagne. A dix heures ils vont à la chambre de la Reine, et en présence de LL. MM. ils jouèrent; il dit: J'ai oublié mon rolet.