Le 20, lundi.—A neuf heures il entre en carrosse pour aller à Saint-Germain-en-Laye, par le port de Neuilly et la chaussée, y arrive à midi et fait bonne chère à Messieurs, ses frères, et Mesdames, ses sœurs. A six heures le Roi revient de la chasse.
Le 21, mardi.—Dîné avec le Roi; à quatre heures il entre en carrosse, et, par les bacs, arrive à Paris à six heures et un quart.
Le 22, mercredi, au Louvre.—A quatre heures et demie il entre en carrosse avec le Roi, qui le mène baigner en la rivière, au-dessous de Conflans, à l'île gauloise (ce fut la première fois); il se y met sans crainte, en gagne une discrétion à M. de Bellegarde, grand écuyer, qui gagea le contraire contre lui. Le Roi lui versoit de l'eau sur la tête à pleins chapeaux, M. de Paistry lui montroit à nager, le conduisoit, le tenoit sous le menton. Il lui prend envie de plonger, il but; il y est une demi-heure. Ressuyé, ramené en son carrosse; à huit heures soupé; il me fait l'honneur de me raconter son voyage et comme il s'étoit baigné, me dit qu'il n'avoit point voulu pisser en l'eau, de peur qu'il ne le bût mêlé dans l'eau, mais que le Roi son père y avoit pissé.
Le 27, lundi.—A trois heures il entre en carrosse, est mené à Saint-Denis pour la première fois; il donne de l'eau bénite à la feue Reine, mère du feu Roi, que, depuis quatre mois, Mme d'Angoulême avoit fait porter de Blois pour la faire ensevelir[607]; il voit le trésor. Ramené à sept heures, soupé; il se ressouvient et me raconte qu'il a vu à Saint-Denis l'épée de Jehanne la Pucelle, veut Juil
1609 savoir qui elle étoit, ce qu'elle fit, ce qu'elle devint; il dit qu'il y a six Louis enterrés, parle des sépultures, de celle du roi Louis et de son petit qui n'avoit que deux mois[608] et autres choses.
Le 29, mercredi.—Mené en carrosse au faubourg Saint-Germain, au clos de l'hôtel de Luxembourg, il y fait courir deux lièvres par ses petits chiens d'Artois.
Le 31, vendredi.—A midi, dîné, étudié; sa nourrice vient, qui lui dit qu'il faut bien étudier trois ou quatre ans et qu'après il n'étudiera plus; il lui répond: Ho! non, plus je serai vieux et plus j'aurai besoin d'apprendre.
Le 1er août, samedi, au Louvre.—Mené en carrosse à l'hôpital des pestiférés, qui se bâtissoit près de Montfaucon[609].
Le 3, lundi.—A midi dîné, mené chez le Roi, puis à l'Arsenal, où il a goûté et mangé beaucoup de prunes, que M. de Sully a secouées lui-même de l'arbre.
Le 7, vendredi.—Il va voir la reine Marguerite à deux heures, puis part pour aller à Saint-Maur[610], arrive au petit Saint-Antoine, en l'abbaye, où il a goûté, passe par le bois de Vincennes et arrive à six heures à Saint-Maur-des-Fossés.
Août
1609