Le 26, jeudi, au Louvre.—Mené en carrosse à l'Arsenal, ramené à cinq heures chez la Reine. Sur les sept à huit heures la Reine commença à sentir des douleurs pour accoucher; il y va, se tient en la chambre. La Reine étoit pour accoucher dans son grand cabinet, il demande au Roi: Mon père, vous plaît-il que j'entre au cabinet de la Reine ma mère?—«Non pas encore, attendez ici.»—Mon frère de Vendôme y est bien. Il ne lui fut pas permis. Ce fut un peu devant l'accouchement, les douleurs ne furent pas grandes ne fréquentes. Justement comme dix heures eurent sonné, sa tranchée la print dont elle accoucha aussitôt de Madame, sixième enfant de sa Majesté[627]. Il va peu après saluer la Reine, et puis au petit cabinet de Madame, sa sœur; lui maniant la main, il dit: Riez, riez, ma sœur, riez, riez, petite enfant; voyez comme elle me serre la main.
Le 27, vendredi.—Dîné avec impatience pour aller à la chasse au bois de Vincennes; il y vole, y court le lièvre, en prend quatre, ne veut pas que le Roi sache qu'il en ait pris qu'un[628].
Le 28, samedi.—Mené en carrosse chez M. le comte de Soissons.
Le 6 décembre, dimanche au Louvre.—Mené à la messe à sa petite chapelle, puis par la galerie aux Tuileries. Ramené chez lui, il fait jouer une comédie par ses petits gentilshommes.
Le 9, mercredi.—Il dit à Mme de Montglat, qui étoit Déc
1609 venue à son lever. «Mamanga, voulez-vous pas me voir étudier?—«Monsieur, j'en verrai le commencement, s'il vous plaît.»—Je ne fais bien qu'à la fin, lui dit-il pour l'engager à être tout du long de son étude. On lui parloit des vies des hommes illustres que l'on avoit écrites, il demande: N'écrira-t-on pas la mienne? A une heure et demie dîné avec le Roi; après souper il blémit, s'endort: je lui demande s'il se trouvoit mal.—Oui, là, dit-il en me montrant le côté droit du ventre; mais c'est que le Roi mon père m'a fait dîner avec lui; il étoit deux heures et j'avois faim.
Le 10, jeudi, au Louvre.—Mené en carrosse chez la reine Marguerite.
Le 11, vendredi.—Mené en carrosse chez Mme d'Angoulême.
Le 12, samedi.—M. de la Boissière récitoit une histoire du grand Gonzalve étant à Barlette; il demeura court. Le Dauphin lui dit: Achevez, ce n'est pas tout.—«Monsieur, pardonnez-moi.»—Ho! non, le sens n'est pas parfait; il écoutoit, selon sa coutume, fort attentivement. Mené en carrosse au jeu de paume du Verdelet.
Le 13, dimanche.—Mené à la petite chapelle, puis chez le Roi et par la galerie aux Tuileries, puis à onze heures trois quarts mené en carrosse par le Roi chez M. de Roquelaure, où il alloit dîner pour le jour de sa nativité[629]; le Dauphin y mange trois cornets d'oublies trempés dans du muscat pur; il dit qu'il est aigre, pource qu'il piquoit, en veut boire trempé d'eau; le Roi ne le veut pas permettre.
Le 15, mardi.—Mené en carrosse au faubourg Saint-Victor, au jardin du sieur de la Tour; il y court des lièvres, y a goûté; ramené chez la Reine, puis chez lui, il s'amuse à jouer au sabot.