Je remercie humblement Messieurs de la seigneurie de Venise de la faveur qu'ils me font. Je vous prie de les asseurer de mon affection à les servir en ce qui pourra dépendre de moi et en votre particulier vous asseurer de mon amitié et bonne volonté.

Le 31, jeudi, au Louvre.—Botté, dîné, il ne mange point, d'impatience d'aller à la volerie avec le Roi, vers le Bourget. A douze heures et demie il entre en carrosse pour aller après le Roi, qui étoit parti; goûté en carrosse; il ne monta point à cheval, dont il étoit fort fâché: le temps et les chemins étoient mauvais.

ANNÉE 1610.

[Étrennes de la ville de Paris].—[Compliment à l'ambassadeur d'Espagne].—[Reliques de Sainte-Geneviève].—[Comédiens, marionnettes et ballets].—[M. de Pluvinel].—[Le Dauphin n'aime pas la flatterie].—[Visite à Saint-Germain].—[Baptême du fils de M. de Tresmes].—[Portrait du Dauphin par Bunel].—[Carrousel, course de bagues et ballet].—[Mot sur Sully].—[Mme de Montglat et M. de Souvré].—[La nourrice du Dauphin].—[Anecdote sur Charles IX].—[La marquise de Verneuil].—[Bruits de guerre].—[La cérémonie de la Cène].—[La librairie de Saint-Victor].—[Visite à Saint-Germain].—[La lance de chair].—[Plan d'une forteresse].—[Les enfants de Paris].—[M. Aleaume].—[Dernier dîner avec le Roi].—[Dédain pour Sully].—[Couronnement de la Reine].—[Assassinat de Henri IV]; [mot du Dauphin].—[Précautions prises dans la nuit].

Le 1er janvier, vendredi, au Louvre.—Mené en sa petite chapelle, puis chez LL. MM.; à onze heures et demie mené en Bourbon par le Roi, puis à douze heures et demie ramené pendant que le Roi touche les malades. Le prévôt des marchands, M. Sanguin, et [les] échevins de la Ville, en corps, le viennent saluer et lui apportent une douzaine de boîtes de confitures et autant de bouteilles de vin et hypocras; ils en avoient fait autant au Roi. Mené à vêpres à Saint-Germain-de-l'Auxerrois.

Le 5, mardi.—L'ambassadeur d'Espagne le visite de la part du Roi, son maître, il lui dit: Je remercie bien humblement le roi d'Espagne, mon oncle, de la souvenance qu'il a de moi; je vous prie de l'asseurer de mon affection à son service et en votre particulier de mon amitié et bonne volonté. Mené chez le Roi, ramené, soupé, il fait souper M. de Souvré, tous ses petits[634] avec lui (c'est la première Janv
1610 fois), et fait les Rois. Il est le roi, seul en sa table, et en l'autre ce fut M. de la Luzerne.

Le 6, mercredi, au Louvre.—A dîner il commande à une comédiante françoise[635], et lui dit: Venez à huit heures, car je me couche à dix. Mené en carrosse au faubourg Saint-Jacques chez M. de la Tour, ramené chez LL. MM., puis chez lui; après souper mené chez le Roi, où se joue la comédie.

Le 7, jeudi.—Il s'amuse en son cabinet à chanter et faire chanter par ses petits des chansons d'amour. Mis au lit, il se joue aux échecs; M. de la Boissière lui veut représenter un coup qu'il jouoit mal; il prend le roi, le lui jette à la tête. M. de Souvré l'en tance, le va dire au Roi et à la Reine, qui le condamnent au fouet[636].

Le 8, vendredi.—Éveillé à six heures et demie, il Janv
1610 demande à se coucher près de M. de Souvré, pour éviter ce qu'il craignoit; refusé, fouetté.