Le 27, samedi.—Il recorde son ballet, est mené à la rue Saint-Honoré chez un orfèvre, y voir un cabinet de médailles.
Le 28, dimanche.—A deux heures mené en carrosse chez M. Zamet près de la Bastille; il y a recordé son ballet (ils l'ont recordé laissant leurs épées, couronnes et autres choses à terre) devant Mme la marquise de Verneuil assise et M. de Souvré auprès d'elle. Il va se promener à l'Arsenal, puis retourne chez M. Zamet à cinq heures. A six heures soupé, accompagné de Mesdames, ses sœurs aînées, de Mlle de Vendôme et de Verneuil, de MM. les chevaliers de Vendôme et de Verneuil. Sur les huit à neuf heures il s'endort entre les jambes de M. de Souvré jusques à dix heures, qu'il fut habillé à demi endormi puis mené à l'Arsenal. Il a dansé son ballet fort bien devant LL. MM. C'est le premier qu'il a dansé en Cour. A minuit couché à l'Arsenal.
Le 1er mars, lundi, au Louvre.—Éveillé à huit heures, à neuf heures et demie déjeûné, à dix heures promené au jardin et sans avoir été visité de M. de Sully, ramené à onze heures au Louvre chez LL. MM. A midi dîné; il raconte de ceux qui avoient été refusés à l'Arsenal, se plaint de ce que M. de Sully n'avoit point voulu laisser Mars
1610 entrer les siens, dit par diverses fois: C'est un glorieux.
Le 4, jeudi.—Mené chez la reine Marguerite.
Le 7, dimanche.—A dîner il jette un morceau de massepain contre M. de Souvré, à demi riant, mais en colère de ce qu'il le faisoit débattre pour aller à la chasse; il faisoit un froid excessif, le vent très-grand et très-froid; on le lui représentoit: Je prendrai plutôt six manteaux.—M. de Souvré y consent, mais à condition de n'aller qu'en carrosse, et point à cheval: J'aimerois mieux n'y aller point. Enfin, il lui est permis; botté, mis en carrosse à midi, il est mené à Saint-Maur, il monte à cheval, court deux lièvres; il avoit froid, demande de revenir en carrosse, témoignage qu'il faisoit grand froid.
Le 8, lundi.—Ce matin Mme la princesse de Conty est accouchée d'une fille sur les quatre heures[646].—Mme de Montglat se trouve au coucher du Dauphin; dévêtu, mis au lit, il s'amuse à de petits engins. Cependant Mme de Montglat et M. de Souvré devisoient ensemble. Mme de Montglat va dire: «Je puis dire que monseigneur le Dauphin est à moi; le Roi me l'a donné à sa naissance, me disant: «Madame de Montglat, voilà mon fils que je vous donne, prenez-le.» M. de Souvré lui répond: «Il a été à vous pour un temps, maintenant il est à moi.» Le Dauphin dit froidement sans hausser la voix et sans se détourner de sa besogne: Et j'espère qu'un jour je serai à moi.—Il écoutoit tout ce qui se disoit sans en faire semblant, à quelque chose qu'il fût occupé.
Le 14, dimanche.—La Reine le mène en son carrosse au sermon à la Sainte-Chapelle; il étoit trop long, il s'ennuie, envoye dire à M. de Souvré qu'il ne croira jamais Mars
1610 en ses promesses s'il ne le tire de là. M. de Souvré demande son congé à la Reine; il l'a. Mené aux Tuileries, puis chez lui; après souper mené chez la Reine; il y tire à la blanque[647].
Le 15 mars, lundi, au Louvre.—Mené en carrosse au-devant du Roi, qui revenoit de Fontainebleau; il le rencontre au petit Saint-Antoine. Soupé avec le Roi.
Le 16, mardi.—Le chevalier de Vendôme disant en soupant qu'il ne y auroit que lui qui iroit à la guerre en Champagne avec le Roi: Voyez quelle insolence, qu'il n'y aura que lui! Mené chez LL. MM. il tire à la blanque, gagne une turquoise; sa nourrice la lui demande, il lui refuse; elle l'appelle ingrat. Il la bat des pieds et des poings; le Roi la trouve pleurante; en sachant la cause, lui dit: «Je lui donne puissance de vous fouetter.» Le Dauphin répond: Ho! j'ai une bonne épée!
Le 18, mercredi.—Mené en carrosse à la Place Royale chez le sieur Descures, où il a goûté.