Le 19, vendredi.—Mesdames avoient soupé avec lui; il les mène en sa chambre pour leur montrer une petite galère qui marchoit par ressorts et les hommes voguoient par mêmes moyens.

Le 20, samedi.—A cinq heures il va chez le Roi, qui revenoit de la chasse, lui donne sa chemise, va chez la Reine.

Le 27, samedi.—Il va à la Roquette, y mène Mesdames pour leur faire voir prendre un renard qu'il y avoit fait porter, par ses chiens d'Artois.

Le 28, dimanche.—M. d'Anjou et Mesdames s'en retournent à Saint-Germain-en-Laye, il leur dit adieu. Mené au sermon du P. Coton, puis à trois heures au faubourg Saint-Victor, à la maison du sieur Voisin, où il se joue et roule à écorchecul.

Le 29, lundi.—A souper il prend plaisir à ouïr raconter Mars
1610 des contes du roi Charles neuvième, comme il mettoit quatre chevaux de front à son carrosse et le conduisoit à toute bride; demande s'il renversoit quelquefois, dit qu'il le conduiroit bien.

Le 30, mardi.—Mené en carrosse à la garenne de Saint-Denis, où il monte à cheval, court deux lièvres et les prend.

Le 31, mercredi.—L'on parloit de la Champagne et qu'il ne se y trouvoit pas seulement un arbre qu'aux Trois Maisons, hôtellerie en allant à Troyes; l'on ne y faisoit du feu qu'avec de la paille, il dit promptement: Il ne y faut donc point de chenets. Un autre dit que l'on y faisoit six lieues de chemin sans trouver un homme, il demande: Où prend-on donc des guides?

Le 1er avril, jeudi, au Louvre.—Mené en carrosse à la garenne de Colombes pour y courir un loup; il ne le voit point pour avoir pris un autre chemin, court deux lièvres, en prend un.

Le 2, vendredi.—Mené en carrosse chez un marchand de draps de soie pour choisir des étoffes.—Mme la marquise de Verneuil le vient voir; il lui montre toutes les besognes de son cabinet et lui donne deux petits chiens de verre.

Le 3, samedi.—Mené en carrosse chez la reine Marguerite; il s'y est fort promené.