Le 20, lundi.—Mme de Guise s'en allant à Eu et Mlle de Guise le viennent voir.

Le 21, mardi.—M. le comte d'Auvergne[44] arrive sur les trois heures, accompagné de deux hommes; il y a été une petite demi-heure, appuyé contre la balustre, son visage à demi couvert de son manteau, appuyé sur un pied; il tient à Mme de Montglat des propos confus et mal cousus.

Le 27, lundi.—Il arrive une vieille femme de Paris, comme une revendeuse; elle pleure en le voyant, l'appelle: «Mon fils, la petite courte à sa mère», et puis s'est prise à danser devant lui.

Le 31, vendredi.—Mme Boursier, sage-femme de la Reine, vient voir le Dauphin avec sa compagnie, dont en s'en retournant il se noya au bac de Neuilly une femme grosse et une fille de douze ans.

Le 2 juin, dimanche, à Saint-Germain.—Champagne, cordonnier, lui prend la mesure de ses souliers, qui fut d'un grand point.

Le 8, samedi.—Le baron de Treslon porta les souliers à Monseigneur le Dauphin; à cinq heures il a été vêtu et habillé d'un corset et d'un bas de soie, et au-dessus d'une robe carrée, faite de satin blanc rayé d'argent. Mlle de Vendôme lui a donné sa chemise. L'habillement lui étoit si Juin
1602 bien séant et convenable qu'il paroissoit avoir deux ans.

Le 9, dimanche, à Saint-Germain.—M. de Sève, président en premier la cour des Aides à Paris, M. de Rebours, président, et M. Barentin, conseiller en ladite Cour, sont venus de la part de leur compagnie et ont prié Mme de Montglat de le faire entendre au Roi.

Le 10, lundi.—Le sieur Concino[45] prie Mme de Montglat qu'il le puisse voir vêtir; il le voit coiffer, puis habiller, prend la mesure de sa longueur, de la grosseur du bras et de la longueur du soulier, puis est parti pour s'en retourner en Cour.

Le 14, vendredi.—Ses cheveux longs, châtain clair, ont trois grands doigts de travers en longueur; les sutures du sommet presque du tout serrées.

Le 16, dimanche.—M. le vicomte de Bourdeilles vient visiter le Dauphin; Mme de Montglat lui raconte les desseins et l'emprisonnement de M. de Biron.