Le 17, lundi.—A midi, le Roi arrive, le baise et se joue à lui; la Reine arrive à une heure et demie, trouve au pied des degrés Monseigneur le Dauphin, au grand escalier; elle devient soudain fort rouge et le baise à côté du front. On le remonte à la salle du Roi; LL. MM. se jouent un peu à lui, puis se mettent à table pour dîner, et s'en retournent.

Le 20, jeudi.—A six heures après midi M. le maréchal de Fervaques et M. de Laval le viennent voir. Le premier lui a baisé le pied et l'autre touché le bout de son tablier et baisé la main qui l'avoit touché.

Le 22, samedi.—Il se divertit à tout, fort agréablement, fait une chère extraordinaire à la fille de chambre de sa nourrice, lui rit. Le Roi arrive à dix heures et demie par son petit pont. Le Roi s'est joué à lui et lui a vu prendre sa bouillie. Le Roi a voulu prendre le demeurant et dit: «Si l'on demande maintenant: Que fait le Roi? l'on peut Juin
1602 dire: Il mange sa bouillie.» Le Roi lui fait prendre sa barbe à deux mains; il la tire bien fort et lui fait mal. Il lui fait prendre celle de M. de Montigny; il la prend à deux mains et se soulève tout le corps pour la tirer plus fort; il a pris la moustache de M. le Grand. Mme la marquise de Verneuil arrive à une heure, caresse fort M. le Dauphin, mais, ce disoit-on, avec peine. Elle dîna, se joua après fort à Monseigneur le Dauphin. On a fait voir à S. M. les caresses qu'il avoit jà faites à Tienette Clergeon, native de Lagny, fille de chambre de Mlle sa nourrice, le Roi l'ayant lui-même fait approcher et la lui présentant. Il l'a vue pleurer comme elle s'en alloit. Le Roi est parti pour s'en retourner à Paris, à sept heures et demie, et a fait prendre dans son carrosse Monseigneur le Dauphin par Mme la marquise de Verneuil, qui l'a porté jusques au bout de la cour. On l'a repris; le Roi est parti.

Le 23 juin, dimanche, à Saint-Germain.—Porté à la salle du Roi; vu Tienette, fait les mêmes caresses, lui rit, lui empoigne la joue à pleine main.

Le 25, mardi.—Le sieur Decourt, par commandement de la Reine, en tire le crayon. A quatre heures trois quarts, la Reine arrive; on le lui porte au-devant. La Reine veut que l'on lui amène Tienette; il lui fait caresses. La Reine part fort contente à six heures et demie.

Le 28, vendredi.—M. de Rosny, revenant de Rosny, le voit dans son berceau.

Le 4 juillet, jeudi, à Saint-Germain.—Il a été peigné pour la première fois, y prend plaisir, et accommode sa tête selon les endroits qu'il lui démangeoit.

Le 10, mercredi.—A midi le Roi arrive, se joue à lui à diverses reprises, la Reine pareillement.

Le 11, jeudi.—A sept heures et demie après midi, le Roi et la Reine s'en retournent à Paris.

Le 17, mercredi.—Il lui a été mis des lisières à sa robe pour l'apprendre à marcher.