Le 30, lundi.—A douze heures un quart le sieur de Bonières et sa fille, jeune; il lui a fort ri, se retrousse, lui montre sa guillery, mais surtout à sa fille, car alors la tenant et riant son petit rire il s'ébranloit tout le corps. On dit qu'il y entendoit finesse. A douze heures et demie le baron de Prunay; il y avoit en sa compagnie une petite damoiselle; il a retroussé sa cotte, lui montré sa guillery avec une telle ardeur qu'il en étoit tout hors de soi. Il se couchoit à la renverse pour la lui montrer.

Le 8 octobre, mardi, à Saint-Germain.—Le Roi arrive, se joue à lui; la Reine pareillement.

Le 9, mercredi.—Porté au Roi au jardin, où il faisoit bien froid; porté à la chambre de la Reine.

Le 11, vendredi.—Porté au Roi, à la galerie rouge, à une heure et demie un ambassadeur allemand; à six heures Mme la princesse d'Orange.

Le 12, samedi.—A deux heures et demie endormi; le Roi arrive, qui l'éveille, le baise et s'en va pour retourner à Paris. Sur les trois heures, comme il ne faisoit que s'endormir, la Reine l'éveille, et s'en va soudain; comme on le rendormoit, arrive M. le comte de Soissons, qui conduit les députés généraux du pays de Dauphiné Oct
1602 pour rendre l'hommage, qu'ils firent à genoux, fors l'archevêque de Vienne[56], qui porta la parole, M. le Dauphin étant dans un berceau. Il leur tendit la main à tous pour la baiser.

Le 13 octobre, dimanche.—Porté à la messe; les députés de Dauphiné y étoient. Lesdits députés ont donné des présents: à Mme de Montglat, un buffet d'argent de la valeur de trois cents écus; à Mlle Piolant, un bassin et une aiguière d'argent, valant environ cent écus; une chaîne d'or pesant quatre-vingts écus à Mlle la nourrice, et une de cinquante à la remueuse; et des pièces d'or et d'argent faites en mémoire de la naissance de M. le Dauphin à plusieurs du château et aux officiers de Mme de Montglat.

Le 17, jeudi.—Promené à la chambre du Roi, à dix heures, où il a vu les ambassadeurs de Suisse venus pour jurer et confirmer l'alliance avec le Roi; il leur a baillé sa main à baiser. Ils furent conduits par M. de Souvré et M. de Vic, ambassadeur pour le Roi vers les Cantons. Ils furent fort satisfaits de M. le Dauphin, qui sembloit avoir composé sa façon pour cet acte. Ils furent traités à dîner aux dépens du Roi, en la salle du Roi, et leurs officiers en la salle du bal, où ils étoient cent à table.

Le 24, jeudi.—Le Roi arrive à neuf heures et demie, revenant de la chasse, où il avoit été deux jours, et venoit découcher à Villepreux; il le trouve fort gentil, lui donne du sucre rosat. A douze heures et trois quarts, le Roi part et s'en retourne à Paris.

Le 5 novembre, mardi, à Saint-Germain.—A onze heures et demie, le Roi arrive de Fontainebleau; il voit le Roi, résolu. Le Roi va dîner; porté au dîner du Roi, il fait baiser sa guillery à M. de Souvré, à M. de Termes, à M. de Liancourt, à M. Zamet. Le Roi part à trois heures pour aller coucher à Paris.

Le 15, vendredi.—A trois heures M. le prince de Nov
1602 Condé[57], Mme sa mère, M. de Haucourt viennent voir le Dauphin. Sa nourrice lui dit: «Monsieur, voyez votre petit cousin qui vous vient voir.» Il se retourne, regardant tous ceux qui étoient contre la balustre, le va choisir et lui tend la main, que M. le Prince lui baisa alors. A l'entrée M. d'Haucourt lui dit qu'il allât baiser la robe du Dauphin; il se tourna, et lui dit qu'il ne le falloit pas faire.