Le 11, mardi.—A dix heures le Roi arrive, il lui fait bonne chère; dîné à onze heures trois quarts avec le Roi. A quatre heures le Roi s'en retourne; il l'accole, il lui baise la main.

Le 12, mercredi.—Mené à Poissy; le curé vient au-devant de lui avec la croix et la bannière. Il est reçu par Mme de Retz, abbesse, à l'entrée de la maison de l'abbaye.

Le 13, jeudi.—Levé à huit heures, il entre en mauvaise humeur, crie, est fouetté, porte la main au fessement, disant: Chatouillez-moi, chatouillez-moi, crie par Mai
1604 dépit, apaisé. A trois heures il entre en carrosse, est mené à Forqueux.

Le 15, samedi, à Saint-Germain.—A sept heures levé, déjeuné. J'avois nommé potage son bouillon, il me dit: Je pense vous rêvez, c'est pas du potage. A deux heures goûté; il se cache en mon étude, m'appelle: Moucheu Heoua, je suis en vote petite chambe. Il ne brouilloit jamais rien là où il alloit; s'il y a quelque désordre, il le fait remettre.

Le 17, lundi.—Dîné, mené à la salle du bal, il s'opiniâtre, est fouetté.

Le 20, jeudi.—Mené au palemail, ramené à onze heures pour dîner, il n'en veut point; fort crié, fouetté très-bien coup sur coup, par deux fois, ne se rend point, enfin dîné.

Le 23, dimanche.—A huit heures levé, bon visage, gai, vêtu; il avale[94] ses bas de chausses disant: Voyez la belle jambe. Mlle de Ventelet lui hausse le bas et l'attachoit d'un ruban bleu à son cotillon; il voit que le ruban tournoit un peu sur le derrière, il se prend à dire en souriant: Ho! ho! je pense vous voulez fai mon cu chevalier, puis le voyant encore plus en arrière: Ho! ho! mon cu est chevalier. A neuf heures et demie déjeuné sur la fenêtre du préau; il voit des hommes qui passent, leur crie: Bonjou, Messieurs, je m'en vais boire à vous. A six heures il voit en passant le petit Canada[95] à la fenêtre, malade, il lui fait porter de son potage.

Le 24, lundi.—M. de Rosny le vient voir, il lui baille froidement la main à baiser, joue au palemail à la salle Mai
1604 du bal. M. de Rosny lui veut baiser la main et s'en aller, il la refuse et ne le veut accoler; M. de Rosny s'en va, il est marri de l'avoir refusé, le dit à Mme de Montglat, lui donne la main.

Le 26 mai, mercredi, à Saint-Germain.—Il ne veut point saluer M. de la Chevalerie qui lui apporte un petit carrosse plein de poupées; il y avoit une lettre de M. de Rosny; il tend la main, et pour la lettre, dit: Je la jetterai par la fenêtre.

Le 27, jeudi.—A une heure, dans la tourelle de la chambre du Roi, il écrit, pour du sucre rosat, une lettre au Roi. Je lui tiens la main; il se fâchoit sur la fin, disant: Ma pume est to pesante. Il nommoit tous les mots après moi, qui lui conduisois la main: