Papa ie say ben equiué non pa enco lisé. Moucheu de Oni m'a anuoié un home amé et un beau caoche ou é ma maitesse l'infante, é une belle poupée à theu theu. I m'a pomi un beau gan li pou couché, ie ne sui pu peti anfan, iay ben chau dan mon bechau, iay beu a vote santé papa é a maman. Ma pume est fo pesante, ie ne pui pu équiué, ie vous baise te humbeman lé main papa é a ma bone maman é sui papa vote te humbe é te obéissan fi é cheuiteu. Daufin[96].
Le 31, lundi.—Levé contre son gré par Mme de Montglat; il tenoit des verges, lui en donne un bon coup sur le visage, ne veut point de Mme de Montglat, s'y opiniâtre, en est fouetté. Il envoie à dîner à Canada.
Le 1er juin, mardi, à Saint-Germain.—Il se fait promener dans son petit carrosse du comte de Permission[97].
Juin
1604
Le 3, jeudi, à Saint-Germain.—Éveillé à sept heures, levé; il prend sa chemise par jalousie de Labarge, page de Mme de Montglat. Il frappe à coups de pied M. le Chevalier et Mlle de Vendôme. Amusé, promené, il est toujours avec les soldats, fait mettre le feu à un pétard. Il fait fouetter Labarge, fait mettre le petit Frontenac à genoux, le fouette, lui fait baiser les verges, lui pardonne.
Le 4, vendredi.—Levé à neuf heures; le Roi arrive; fort gentil, l'embrasse, entre en colère de ce que le Roi avoit baisé un peu serré M. le Chevalier, en fait le dépité; diverti, fait bonne chère au Roi. M. le Prince lui donne sa chemise. Déjeuné, il va à la messe avec le Roi en la chapelle, veut faire ôter le Roi de sa place, s'y efforce, et dit: Il est en ma place, ôtez-vous de là. Le Roi s'ôte et laisse son chapeau: Otez le chapeau; il fut ôté. Mené partout avec le Roi. A onze heures dîné avec le Roi. La Reine arrive à midi; il la sert, se joue à elle. Mlle de Vendôme baise la main de la Reine; il s'en fâche, y court pour la frapper, frappe la Reine. A trois heures goûté en sa chambre, mené promener, il dit adieu au Roi et à la Reine; à six heures soupé, il fait exercice de guerre; à huit heures s'endort.
Le 5, samedi.—A huit heures et demie déjeuné; mené au Roi, il va jouer au palemail, puis au lever de la Reine. A dix heures et demie dîné en la salle avec le Roi; il ne veut point que M. le Chevalier et Mlle de Vendôme prennent dans le plat du Roi. A six heures trois quarts soupé; mené au Roi, il voit M. le Chevalier auprès du Roi, s'en va à la charge, le fait mettre derrière.
Le 6, dimanche.—A huit heures et demie déjeuné; le Roi y vient, le voit déjeuner; il fait le fâcheux, fait taire Hindret, joueur de luth. Promené au jardin, aux allées, il voit et regarde le Roi touchant les malades.
Le 8, mardi.—Levé, il ne veut point prendre sa chemise, et dit: Point ma chemise, je veux donner premièrement du lait de ma guilley; l'on tend la main, il fait comme s'il Juin
1604 en tiroit, et de sa bouche fait: fsss, fsss, nous en donne à tous, puis se laisse donner sa chemise. Vêtu, il se joue en paroles avec Labarge; Labarge lui dit qu'il est Monsieur le Dauphin; il lui répond: Vous êtes Dauphin de mede. Mené au palemail, M. de Lorraine avec lui, ramené chez la Reine; dîné avec la Reine à midi. «Mon fils, dit la Reine, où irons nous?» Il répond: A la chasse. A trois heures la Reine le met en son carrosse, le mène à la chasse aux toiles, au bois de Ponchi, près le parc de Sainte-Gemme. A quatre heures et demie goûté d'une rôtie à l'accoutumée; le Roi arrive de courir le cerf, prend de sa rôtie; il s'en met en colère. Le Roi le pressa trop et lui jette au visage l'eau dont la rôtie étoit trempée; il se met à pleurer, et eût été plus malmené sans M. de Lorraine. Porté sur un chariot, dans les toiles, il voit passer devant lui et s'en retourner le sanglier; le voyant, il remarque ses dents et dit: Il a de grandes dents.
Le 9, mercredi.—Mathurine[98] lui demande: «Viens çà; seras-tu aussi ribaud que ton père?» Il répond froidement, y ayant songé: Non. Il va chez la Reine à une heure et demie; à deux heures goûté; il entre en mauvaise humeur contre la Reine, il la frappe, elle en rit. On veut fouetter Labarge s'il ne demande pardon, il le demande. Madame le veut baiser, il lui fait baiser son pied.