Le 4, jeudi, à Paris.—A six heures trois quarts déjeuné, écrit, tiré des armes, dansé; son précepteur étoit malade.

Nov
1610

Le 6, samedi, à Paris.—A trois heures et demie il donne audience au clarissime Vénier, ambassadeur extraordinaire de Venise, pour le compliment de son avénement à la couronne; il va en la galerie, où il se met dans son petit carrosse et le fait tirer par deux de ses dogues.

Le 7, dimanche, à Paris.—Mené par la galerie aux Tuileries, où il fait courir un loup qui se jeta dans l'étang, où il fut pris.

Le 8, lundi, à Paris.—Il va en la galerie donner le bonjour à la Reine; on lui présente un caméléon. A onze heures trois quarts dîné; il dit qu'il aimera à bâtir, voyant de la table travailler les ouvriers qui couvroient le pavillon des Tuileries du côté de la rivière.

Le 9, mardi, à Paris.—A sept heures et demie il entre en carrosse pour aller à la chasse au loup, à Colombes, où il a dîné à onze heures. Une heure après il monte à cheval, va courir le loup, le prend, en court un autre, qui se sauve; ramené et arrivé au Louvre à trois heures et demie. A six heures et trois quarts soupé; il me dit qu'il n'a pas envie de manger et qu'il voudroit bien avoir un lait d'amandes; il étoit las et avoit envie de dormir. Il monte en son cabinet des livres pour se y jouer avec des petits hommes du palais que M. le marquis d'Ancre lui avoit donnés, mais il défend de dire que ce fût pour cela; il y fait monter sa musique de luths, et les fait jouer pendant qu'il se joue, quasi aliud agens. A huit heures trois quarts il va donner le bonsoir à la Reine.

Le 10, mercredi, à Paris.—Mené par la galerie aux Feuillants, il court et prend un chevreuil porté aux Tuileries.

Le 11, jeudi, à Paris.—A trois heures mené en carrosse à l'Arsenal, il se joue et court beaucoup au jardin.

Le 12, vendredi, à Paris.—A deux heures mené en carrosse à la Roquette, où il a couru un cerf qu'il y faisoit nourrir; ramené à cinq heures, et à six heures soupé. Il Nov
1610 va chez la Reine, est amusé jusques à huit heures et un quart, a envie de dormir, donne le bonsoir à la Reine et va en sa chambre, où il est dévêtu, puis en son cabinet joignant la chambre de la Reine, où il a couché. Amusé pour l'empêcher de dormir, il prie Dieu, fait jouer de l'épinette La Chapelle, excellent joueur qui étoit à lui, fait chanter le Bailly et jouer du luth.

Le 14, dimanche, à Paris.—Éveillé à six heures, levé, vêtu, il donne lui-même à manger à ses petits oiseaux; à sept heures et demie déjeuné; il va en la galerie, où il se joue, fait tirer son petit carrosse par ses chiens, lui dedans. A huit heures mis au lit; il demande à jouer et sa musique de peur de s'endormir si tôt; joué à gillet[39], aux cartes, et en jouant il commandoit à sa musique. Quand ils cessoient: Chantez, chantez, disoit-il, ainsi que souloit faire le feu Roi son père, duquel il avoit toutes les mêmes actions.