Le 1er décembre, mercredi, à Paris.—A sept heures et demie, étudié, écrit, tiré des armes, dansé. A huit heures mené en la galerie, puis en la chambre d'un marchand qui avoit des marchandises de la Chine. A deux heures et demie mené en carrosse au bois de Vincennes; il faisoit grand froid. Il chasse au parc, à cheval, est ramené et a goûté en carrosse. Pendant son souper il me raconte comme il s'étoit échauffé, puis en revenant mis du long du carrosse[43]: Je me suis couvert des mandilles de mes laquais, qui étoient doublées de frise; cela est chaud; j'étois si à mon aise!

Le 2, jeudi, à Paris.—A sept heures et un quart il part aux flambeaux, entre en carrosse, va aux Capucins, où il entend la messe, puis arrive à Ruel, où il a dîné à onze heures, y ayant donné à dîner à Madame, à Mme Christienne et à Mlle de Vendôme. Ramené en carrosse, il arrive à quatre heures et demie; à six heures et demie soupé. Il va en son cabinet, commande à l'huissier de ne laisser entrer personne sans lui demander son nom et le lui venir dire; il aimoit quelquefois être en particulier. Il se fait donner des cartes et des ciseaux dont il les coupe en diverses façons, va donner le bonsoir à la Reine.

Le 3, vendredi, à Paris.—A sept heures trois quarts, déjeuné; il monte en son étude, se fait lire la Gazette apportée de Rome, l'écoute attentivement, demande ce qu'il n'entend point. Il y avoit une clause parlant bien de Sa Majesté: comme il réussissoit; prompt; d'un esprit vif; amateur des armes et des lettres, et desireux de savoir Déc
1610 toutes choses selon les occurrences et tout au grand contentement des gens de bien; son précepteur lui demanda s'il lui plaisoit qu'il la lût encore: Non, non, répond le Roi, témoignant (ce qui étoit de son naturel) de n'aimer pas la flatterie.

Le 4, samedi, à Paris.—A trois heures goûté; mené à la galerie, là où l'on fait les doubles[44].

Le 5, dimanche, à Paris.—A dix heures trois quarts dîné; il va à la fenêtre pour voir entrer en garde les compagnies; à deux heures mené en carrosse aux Bonshommes, ramené de même.

Le 7, mardi, à Paris.—Il va à la messe en la chapelle de l'antichambre de la Reine, puis va sur la balustre de la galerie voir passer les compagnies qui entroient et sortoient de garde. Étudié; mené en carrosse à la verrerie, il y fait plusieurs besognes.

Le 8, mercredi, à Paris.—Mené en carrosse à vêpres, à Saint-Germain-de-l'Auxerrois.

Le 10, vendredi, à Paris.—Il est mené chez la Reine, puis va à la messe à la chapelle de l'antichambre de la Reine. Joué en la galerie; il va chez le marchand qui a des besognes de la Chine. Il va donner le bonsoir à la Reine; mis au lit, il fait chanter des noëls.

Le 11, samedi, à Paris.—Éveillé à cinq heures et demie, il se veut lever à toute force; M. de Souvré l'empêche; enfin, levé à sept heures, blême, le visage abattu, enrhumé. Étudié; mené par la galerie aux Feuillants, joué aux Tuileries, ramené en carrosse. Mené en carrosse à la Roquette, il monte à cheval, y court un cerf privé. Mis au lit il fait chanter des noëls.

Le 12, dimanche, à Paris.—A sept heures et demie déjeuné; il monte au cabinet des livres, s'amuse à petites choses. A trois heures mené en carrosse aux Jésuites de Déc
1610 Saint-Louis, au sermon et à vêpres. Ramené, il va chez la Reine; à six heures et un quart soupé. Peu après il s'endormoit sur sa chaise en attendant M. de Souvré; l'on prend la chaise à bras et on la fait sauter allant par la chambre; il dit qu'il va à courbettes.