Le 4, vendredi.—Son précepteur lui racontoit que Atlas avoit porté le monde sur ses épaules, le Roi dit soudain: Je le porterois bien, et il prend sur ses épaules Mars
1611 un des tomes où étoient les cartes du monde: Voyez je porte le monde en France, et prenant l'autre tome: J'en porterois bien un autre[58].
Le 6, dimanche, à Paris.—Il envoie à Saint-Germain quatre dogues équipés en mulets et chargés de coffres, comme si c'étoient les mulets de sa chambre. A deux heures mené au sermon à Saint-André des Ards, puis aux Tuileries.
Le 7, lundi.—A midi il entre en carrosse, et monte à cheval au Roule pour aller à Saint-Germain-en-Laye; ce fut la première fois qu'il y alla roi[59]. Il chasse en chemin à la volerie, et à quatre heures et demie arrive à Saint-Germain, où il est reçu par Messieurs et Mesdames; soudain il se va promener partout.
Le 8, mardi, à Saint-Germain.—A déjeuner il s'entretient de la chasse et à quoi il emploiera le temps: Nous irons ce matin au parc, où je fairai bien des choses. Il vouloit aller à la garenne; en étant refusé, il se consent d'aller au parc; jamais il n'étoit oisif. Étudié, mené au parc, à dix heures à la messe, à la chapelle du vieux château, ramené à dix heures et demie chez la Reine. Après dîner il va au jardin, s'amuse à piocher et râteler[60]; à deux heures mené en carrosse à la forêt, il est monté à cheval, court deux cerfs, les prend, se treuve à la mort de l'un sans brosser[61].
Le 10, jeudi, à Saint-Germain.—Éveillé, fouetté[62], étudié; il va chez la Reine.
Mars
1611
Le 11, vendredi.—Il va au vieux château[63] voir Madame. Il va à la chasse, part de Saint-Germain, et arrive à Paris à quatre heures.
Le 12, samedi, à Paris.—Mené à Piquepusse à vêpres, et pour mettre la première pierre à l'église, où il est longtemps à maçonner.
Le 15, mardi.—Il dit qu'il a rêvé en dormant et songé que M. de Souvré le fouettoit.
Le 18, vendredi.—Étudié, etc.; son précepteur lui dit assez bas qu'il n'étoit possible pas des plus savants, mais toutes fois qu'il n'étoit pas un homme du commun ne du vulgaire, car on ne l'eût pas mis auprès de Sa Majesté[64].