Pour faire un bâton.

Janv
1612

Le 30, lundi.—Il donne audience à l'ambassadeur de Venise et à celui de Savoie, chez la Reine.

Le 2 février, jeudi.—Il va en la galerie, où il donne audience au recteur de l'Université, qui lui apporte le cierge pour la procession et par occasion le remercie pour la justice qui lui avoit été rendue quelques jours auparavant par le Parlement contre les Jésuites.

Le 7, mardi.—En soupant il s'entretient de la fauconnerie avec le sieur de Marsilly, qui racontoit au Roi qu'il avoit mis son fils au collége Montaigu, en la chambre du sieur Grassot, pour lui apprendre les sciences. Le Roi reprend: Comment parlera-t-il à lui toute la nuit comme vous faites aux oiseaux!

Le 11, samedi.—Il demande à boire; le servant bronche en avançant le verre, et renverse de la tisane sur la main et le bras du Roi voulant prendre le verre; il s'en pique en souriant, et dit: Je n'ai plus soif, vous m'avez rafraîchi, et cache ainsi son déplaisir.

Le 17, vendredi.—Il va chez la Reine, où il se joue à faire ses petits gentilshommes ambassadeurs de divers royaumes vers la Reine pour se réjouir du mariage du Roi et de l'Infante; il y en avoit des topinambours. En soupant l'on parloit de courir la bague et des bons coureurs; quelqu'un dit que les Gascons y étoient excellents et qu'ils couroient la bague dans le ventre de leur mère, il dit soudain: Ils naissent la lance au poing.

Le 25, samedi.—Il est servi par M. du Maine, levé en robe, la Reine le vient voir; la reine Marguerite aussi; il étoit un peu malade.

Le 27, lundi.—A deux heures il donne audience aux ambassadeurs d'Angleterre et de Saxe.

Le 29, mercredi.—Levé bon visage, gai, étudié, puis il va chez la Reine; joue ensuite au billard, va à la volerie au bois de Vincennes, se traîne sur le ventre pour tirer aux oiseaux de vivier qui étoient dans une mare.