Le 5, samedi, à Paris.—Mené en carrosse à Issy, il se joue à des belles et plaisantes maisons (sic).

Le 6, dimanche, à Paris.—A trois heures mené en carrosse aux Tuileries, où il avoit fait porter un sanglier de deux ans donné par M. de Guise; il met ses bassets après, puis des lévriers à lièvre; ils le lassent, il se jette dans l'étang, ce qui lui donne beaucoup de plaisir. Il avoit soif, chaud; M. de Souvré ne lui veut point permettre de boire.

Le 9, mercredi, à Paris.—A six heures et un quart soupé, peu, par impatience de s'aller promener sur la rivière; à sept heures et un quart il entre en bateau couvert, descend jusques au droit de Chaillot, est ramené de même, avec des chevaux, à neuf heures.

Le 10, jeudi, à Paris.—Mené à la chapelle de Bourbon et à la procession dedans la cour du Louvre. A douze Juin
1610 heures et demie dîné; M. de Préaux, son sous-gouverneur, lui dit sur ce qu'il faisoit grand chaud, et il avoit chaud: «Sire, si Votre Majesté a chaud, quand elle a une serviette blanche elle se peut essuyer.»—C'est tout un, il n'y a remède, nous en aurons bien d'autres[7], dit le Roi résolument et comme de chose qui devoit advenir. Mené en carrosse ouïr vêpres à Saint-Germain-des-Prés. A six heures soupé avec impatience de s'aller promener aux Tuileries; il va à pied jusques aux Tuileries, où il s'embarque et va jusques au droit de la Savonnerie; ramené par eau à neuf heures. Mis au lit il se joue, fait des culbutes, fait lire le livre De l'État et affaires de France du sieur du Haillan[8].

Le 11, vendredi, à Paris.—A six heures et un quart soupé, mené à cheval jusques auprès des Bonshommes, ramené de même à neuf heures.

Le 12, samedi, à Paris.—Il donne, pendant son dîner, de toutes ses viandes à un petit nain[9], et le fait servir par ses gentilshommes. Joué en la galerie, il fait armer sa compagnie (c'étoient ses petits gentilshommes), leur fait prendre des piques qu'il avoit fait faire. Après souper, il va en son cabinet, est tancé par M. de Souvré, auquel il avoit dit qu'il portoit une épée, mais qu'il ne s'en savoit pas aider. M. de Souvré le lui fait sentir, le lui pardonne pour l'avoir dit à lui; mais afin qu'il ne le dise pas à la Reine, il se met à genoux devant M. de Souvré[10]; l'accord se fait, il en avoit un grand repentir. Mené jouer en la galerie, il est ramené à neuf heures, va chez la Reine.

Juin
1610

Le 14, lundi, à Paris.—Déjeuné, étudié, écrit, tiré des armes, dansé, mené aux Feuillants par la galerie, ramené par le même chemin. A onze heures et un quart dîné; il lui faut ramentevoir à boire. Joué en la galerie, où il fait voler trois cailles par deux de ses émerillons. Soupé; mené à la galerie et en carrosse jusques à la Savonnerie, puis à cheval jusques aux Tuileries, où il voit un lion attaché contre un arbre, auquel on jette un chien, qu'il étrangla soudain. Cela lui déplut tant, qu'il s'en mit en colère et commanda que celui qui l'avoit jeté fût châtié[11].

Le 15, mardi, à Paris.—Mené en carrosse à l'hôtel du Luxembourg, il y fait courir un petit sanglier apporté. Ramené à six heures trois quarts, soupé; il le faut faire souvenir de boire. Il va se jouer en la galerie, va chez la Reine.

Le 16, mercredi, à Paris.—Mené à cinq heures au Pré-aux-Clercs, pour y courir un chat à force de cheval.