Le 31, mardi.—Mené à la chapelle Saint-Louis des Jésuites, au sermon du cardinal de Sourdis; puis à la plaine de Grenelle, où il monte à cheval, et revient à cheval.

Le 1er août, mercredi.—Il dit à M. de Souvré qu'il étoit fête et qu'il ne falloit pas étudier: «Oui, sire, mais ce n'est pas fête d'apôtre.»—Hé Mosseu de Souvré, excusez-moi, je m'en vas le vous montrer, et il lui récite l'histoire de saint Pierre-aux-liens. M. de Souvré lui dit: «Vous l'avez apprinse dans la vie des Saints».—Excusez-moi, je l'ai apprinse en l'Évangile.

Août
1612

Le 2, jeudi.—Il va chez la Reine, qui prenoit médecine; il lui dit: Courage, Madame; allons, Madame, courage; courage, Madame, et disant courage, il remplissait toujours ses pochettes de dragées, et de cimires (sic) de melon, courage, Madame; il faut qu'ouvrir la bouche bien grande et jeter dedans.

Le 5, dimanche.—Il va à Rueil, où il dîne chez le sieur de Mouisset[137].

Le 9, jeudi.—Mme de Longueville prend congé de lui pour aller en voyage avec son mari, à Notre-Dame de Montagne, lui disant qu'elle faisoit beaucoup de miracles. Le Roi dit en souriant à M. de Longueville: Elle feroit un grand miracle, si de fol que vous êtes, elle vous faisoit devenir sage. Le Roi avoit opinion que M. de Longueville avoit l'esprit un peu gaillard.

Le 13, lundi.—Mené en carrosse au pont Notre-Dame pour voir passer le duc de Pastrano, prince d'Evoly, ambassadeur d'Espagne, pour demander Madame en mariage.

Le 16, jeudi.—A sept heures et demie il donne audience à don Diego de Selna, duc de Pastrano, qui le salue de la part du roi d'Espagne. Sa réponse fut: Je remercie le Roi de sa bonne volonté, assurés-le que je l'honorerai toujours comme mon père et l'aimerai toujours comme mon frère. L'on y avoit ajouté: «Et que j'userai de ses bons conseils», ce qu'il ne dit point, soit par oubli ou par dessein.

Le 18, samedi.—Il entend la musique du duc de Pastrano, deux joueurs de guitare chantants et un autre qui chantoit. On lui présente de la part du duc de Pastrano vingt-quatre peaux de senteur et cinquante paires de gants. Peu de temps après, M. le comte de la Rochefoucauld, maître de sa garde-robe, lui dit qu'il falloit Août
1612 qu'il les fît garder pour en donner aux étrangers qui le viendroient voir: Oh! non, ce sera pour en faire des colliers à mes chiens et des harnois à mes petits chevaux.

Le 21, mardi.—Il s'amuse à faire des bataillons de ses petits hommes de plomb; le sieur d'Auzeray, l'un de ses premiers valets de chambre, lui présente une chaise, lui demandant s'il se vouloit pas asseoir?—Il faut pas être assis quand on est à la guerre et qu'on met des armées en bataille. Il va en la galerie, d'où il voit, en la place, combattre des dogues avec un ours. Bu du vin clairet à son souper, pource qu'il y avoit des Espagnols.