Le 1er novembre, jeudi.—Il apprend le décès de M. le comte de Soissons, décédé le matin sur les trois heures, en sa maison de Blandy.
Le 4, dimanche.—Il ne se veut point lever pour ne prendre point un habit de deuil pour M. le comte de Soissons. Il le vouloit violet. Il va au sermon, et fait courir un marcassin par ses petits chiens[142].
Le 8, jeudi.—Éveillé doucement, son visage changé par une médecine qui lui a été présentée; la présence de la Reine par deux diverses fois; menaces de M. de Souvré, par l'espace de deux heures; on ne l'eût pu résoudre à la prendre, mais plutôt à endurer le fouet, et à dix heures trois quarts fouetté bien, sans larmes.
Nov
1612
Le 9, vendredi.—Éveillé doucement, résolu de prendre sa médecine; toutesfois depuis sept heures jusqu'à neuf heures et demie il a été comme le jour précédent; ni la force, ni la douceur n'y ont servi de rien, retenu seulement de l'appréhension du médicament, qui étoit d'une once de casse infuse, de deux drachmes de séné et quatre scrupules de rhubarbe, et demi-once de sirop de limon et décoction de chicorée blanche, oseille, buglosse, agrimoine, raisins de corinthe, linnières de fenouil, de citron et un peu de conserve de violette. Il l'a fallu tromper; ç'a été avec six onces de lait d'amandes et deux drachmes de diacarthami qu'il a prise, et en a demandé davantage. Le soir il prend sa robe et ses bottines, va en sa chambre voir jouer une comédie françoise et des farces.
Le 11, dimanche.—Il va en la galerie à son lever; la Reine avoit commandé qu'on lui fît la mine pour n'avoir point voulu prendre sa médecine; il s'en aperçut ou il le sut, et s'adressant à Mlle de Vendôme, lui dit tout bas: La Reine ma mère a commandé que l'on me fasse la mine, mais ils seroient bien tous étonnés si je la leur faisois. Soudain il va à Mme la douairière de Guise: Eh bien, madame de Guise, êtes-vous de celles qui me font la mine? et s'en va lui faisant la moue et le hausse-bec.
Le 17, samedi.—A une heure mené en carrosse au pont de Neuilly, où il monte à cheval et court un lièvre avec les chiens de feu M. le comte de Soissons, qui lui furent donnés.
Le 5 décembre, mercredi.—On lui présente une gelinotte de bois; il la repousse. Le sieur Parfait, contrôleur général, lui dit: «Sire, c'est une gelinotte de bois.»—Quand elle seroit de fer, je n'en veux point.
Le 9, dimanche.—Mené en carrosse au sermon et à vêpres à Saint-Germain-de-l'Auxerrois, pour tenir à baptême M. le comte de Soissons, âgé de sept ans, avec la Déc
1612 Reine sa mère, en la chapelle de la maison du comte, baptisé par M. l'évêque de Paris.
Le 10, lundi.—Il reçoit chez la Reine le serment de la charge de grand-maître de M. le comte de Soissons[143].