Le 29, mardi, à Paris.—Mené par la galerie aux Feuillants; il se joue aux Tuileries, y tire aux oiseaux avec une arbalète à jalet, fort justement, en abat un, tiré avec jugement; il le frappe par l'aile. Ramené en carrosse à onze heures et un quart, il va chez la Reine. Dîné, joué, amusé Juin
1610 doucement jusques à trois heures et demie; goûté, point bu. L'on devoit sortir le corps du défunt Roi; il y eut grande dissension entre les cent gentilshommes et les gardes du corps, qui faillent à en venir aux mains. Le Roi sort sur une avance qui va de la petite montée vers la grande salle, est plus de demi-heure à regarder ce qui se faisoit en la cour; l'on avertit son guide (sic), on le retire. M. de Gondi, évêque de Paris, débat le rang avec la cour de Parlement; la Cour enfin le pousse devant; le corps sort du Louvre à six heures et demie, arrive à neuf heures à Notre-Dame. Cependant le Roi a soupé à sept heures et demie; mené chez la Reine; amusé doucement jusques à neuf heures et demie.

Le 5 juillet, lundi, à Paris.—Il s'amuse à tirer de l'arbalète en s'habillant, en pend une petite à sa ceinture. Mené en carrosse chez la reine Marguerite, il monte à cheval, va à la volerie.

Le 9, vendredi, à Paris.—Ce matin les officiers du feu Roi ont commencé à le servir. Mené en carrosse à Chaillot, ramené à cheval.

Le 11, dimanche, à Paris.—M. de Rohan, colonel des Suisses, vient prendre congé de lui pour s'en aller à l'armée qui alloit en Clèves, et lui demande s'il lui plaît de lui commander quelque chose pour dire à M. de la Châtre, chef de l'armée?—Dites-lui qu'il fasse du mieux qu'il pourra.—«Mais, Sire, vous plaît-il qu'il donne la bataille?»—Qu'il fasse du mieux qu'il pourra. A trois heures, goûté; mené à la Roquette à cheval.

Le 12, lundi, à Paris.—A trois heures, mené en carrosse à Suresnes, chez le sieur Parfait, contrôleur général de sa maison, où il a goûté.

Le 15, jeudi, à Paris.—A onze heures trois quarts, dîné; il fait donner à boire à son petit chien, qu'il nommoit Gayan, et demande: Pourquoi donne-t-on à boire aux chiens? Il lui fut répondu: «De peur qu'ils n'enragent.» Il répart soudain: Les ivrognes donc n'ont garde Juil
1610 d'enrager, car ils boivent toujours
. Mené en carrosse à Madrid[17], à la chasse au lièvre et à l'oiseau.

Le 16, vendredi, à Paris.—A cinq heures et demie M. le prince de Condé, revenant de Milan et Bruxelles, arrive, lui fait la révérence et à la Reine, le genou en terre; l'un et l'autre l'embrassent deux fois. LL. MM. étoient au pied du lit du Roi, dans le balustre, au droit de la portière. A neuf heures trois quarts dévêtu, M. le Prince lui donne sa chemise[18].

Le 19, lundi, à Paris.—A onze heures et demie, dîné; il trouve sur son potage des rognons de poulet demande au gentilhomme servant: Qu'est cela? Il répond: «Ce sont des témoins.»—Pourquoi les appelez-vous des témoins? dit-il en se souriant. Il répond que c'étoit pour faire la différence des mâles.—Ce sont donc les témoins des mâles. Mené à la chasse à l'oiseau à la plaine de Grenelle puis chez la reine Marguerite, et à six heures et demie au Louvre. Après souper il envoye secrètement prier la reine Marguerite d'envoyer à M. de Souvré le prier de sa part à ce que, le jour suivant, il l'exempte de l'étude, à cause que c'est le jour de Sainte-Marguerite. Elle y envoya sur les neuf heures; ce fut au grand cabinet de la Reine, ce qui lui donna sujet de rire.

Le 22 juillet, à Paris.—Éveillé à sept heures et demie, pouls plein, égal, posé, chaleur douce; levé, bon visage, gai. Vêtu, coupé les cheveux; Renard, son barbier, lui sembloit trop long, il le frappe du miroir et de coups de poing. M. de Souvré le menace du fouet, et s'en va au cabinet, où il le fait appeler. Non, dit-il, je n'y irai pas, il me veut bailler le fouet, mais ne lui dites pas. Enfin, voyant qu'il y falloit aller, il dit: Allez, allez, trétous, que personne ne demeure ici (en sa chambre). C'étoit pour les faire intercéder pour lui. Il en eut toute la peur, à la charge Juil
1610 de demander pardon à Renard, qu'il appeloit: Renard, Renard, venez Renard, pardonnez-moi, je vous frapperai plus.—Ce jour d'hui ses chevau-légers entrent en garde près de lui, cinquante tous les huit jours; le sieur de la Curée en étoit son lieutenant, et ceci à cause que les grands de la Cour étoient fort accompagnés et lui peu.

Le 23, vendredi, à Paris.—Mené en carrosse voler le perdreau, vers le Roule.