ABORD APRÈS (D'), loc. adv. Aussitôt après, immédiatement après. Je vais à la poste, et je vous rejoins d'abord après. «Il n'est pas rare de voir d'abord après une bise noire ou un séchard, se lever un vent de midi.» [Fatio de Duiller.] Cette expression, d'abord après, fort usitée chez nous et dans le midi de la France, n'est pas française.

ABORD QUE (D'), conj. Aussitôt que, dès l'instant que. D'abord que vous le pourrez, venez me voir. D'abord qu'ils entendirent le tocsin, ils coururent chacun à leur poste. Expression suisse, savoisienne et méridionale.

ABOUCHER, v. a. Mettre sur la bouche, mettre sur l'ouverture, mettre à bouchon, tourner en sens contraire. Aboucher un pot, aboucher une seille pour l'égoutter.

ABOUCHER (S'), v. pron. Se dit des personnes et de certains animaux. Un tel ne dort jamais sur le dos: il s'abouche. Quand vous retirez de l'eau un noyé, ne l'abouchez pas. En parlant d'un cheval, s'aboucher signifie: Tomber sur les genoux.

À BOUCHON ou D'ABOUCHON, loc. adv. Renversé, sens dessus dessous. L'enfant souffrait du ventre; on le mit à bouchon, on le mit d'abouchon. Mettez cette caisse à bouchon; elle nous servira de table. Terme lyonnais, etc., qu'on trouve dans le Dictionnaire français-anglais de Cotgrave [1609].

ABOUCLER, v. a. Boucler. Aboucler des souliers; aboucler une ceinture.

ABOULER, v. a. Apporter, donner promptement, rendre. Aboule ça; aboule-moi vite ça; c'est-à-dire: Donne cela lestement et sans faire d'observation. Dans un sens plus restreint, abouler est synonyme de Financer, solder, boursiller. Terme français populaire.

ABOUTONNER, v. a. Boutonner. Aboutonne-toi, Jean-Marie, tu prendras froid. Terme français populaire.

ABRAS, s. m. pl. Grand empressement, grande hâte, air affairé, air empressé. Il est dans tous ses abras; il fait beaucoup d'abras pour peu de chose. Il fait des abras de tout; c'est-à-dire: Il s'agite, il se met toujours en avant, et sans que la chose en vaille la peine.

† ABRE, s. m. Arbre. Avante-nous des pommes sur l'abre. Prononciation vulgaire dans la moitié de la France. Le grammairien Vaugelas assure que de son temps [1610-1650] un grand nombre de personnes instruites prononçaient abre, quoiqu'elles écrivissent arbre.