CROIRE, v. a. Nous disons proverbialement et familièrement à une personne que nous voyons ajouter une foi aveugle à des récits invraisemblables ou absurdes: Croyez cela et buvez de l'eau (buvez de l'eau pour mieux digérer de semblables contes).
CROIRE DE. Je croyais d'arriver le premier. Il croyait de ne pas se tromper. Nous avions cru d'être fouillés à la douane. Retranchez le de et dites: Je croyais arriver le premier. Il croyait ne pas se tromper. Nous avions cru être fouillés à la douane.
CROIRE (S'EN), v. pron. S'en faire accroire, s'enorgueillir, être fier. Tu t'en crois bien, Pierre, avec ton chapeau neuf. Voyez comme ces gamins de huit ans s'en croient avec leur cigarette à la bouche.
CROISON, s. m. Pomme sauvage. Dans le Berry on dit: Croix.
CROIZONNIER, s. m. Pommier sauvage. Dans le Berry on dit: Croizier.
CROISSANT, s. m. Se dit des enfants et des adolescents, et signifie: Croissance, augmentation en grandeur. Avoir le croissant; souffrir du croissant.
CROPETONS (À), loc. adv. À croupetons, en s'accroupissant, à genoux repliés.
CROQUEMOLLE, s. f. Sorte d'amande. Voyez COQUEMOLLE.
CROSSE, s. f. Béquille. Marcher avec des crosses. Terme suisse-roman, savoisien et méridional. Proverbialement: Un boiteux ne peut se servir que de ses crosses; signifie: Nul ne peut employer que les ressources, grandes ou petites, qu'il possède.
CROTON, s. m. Cachot, prison obscure et enfoncée. Être mis au croton; passer la nuit au croton. Terme suisse-roman, savoisien et méridional. Ce mot vient du vieux mot français crote, lequel signifiait: Un creux, un caveau, une grotte. A Genève, ce qu'on appelle aujourd'hui «la Grotte aux Archives,» s'appelait autrefois la Crotte aux Archives. Dans le Berry, crot veut dire: Un creux, un trou, et crotter, v. a., signifie: Creuser, faire un trou. Enfin, dans le dialecte provençal, on appelle crotto un local souterrain pour tenir le vin.