DESSUR, prép. Sur. Dessur toi, dessur moi, dessur le pommier. Français populaire et vieux français.
DESSUS, adv. Ce lourdaud m'a marché dessus. Cette gronderie ne devait pas me tomber dessus. M'cieu, il y a lui qui me crache dessus. Il faut tourner autrement ces phrases et dire, par exemple: Ce lourdaud a marché sur ma robe. Cette gronderie ne devait pas tomber sur moi, etc.
DE SÛR, adv. Pour sûr, sûrement, certainement. S'il fait beau jeudi nous partons de sûr. Est-il vrai, Charles, que tu doives entrer au Collége?—Oui, j'y entre de sûr. Terme méridional.
DÉTABLER, v. n. Départager, décider une élection entre deux nombres égaux de suffrages. Autrefois, quand les juges allaient donner leur avis, ils s'asseyaient autour d'une table, et ils y restaient jusqu'à ce que la majorité se fût prononcée pour un des candidats. S'il y avait égalité dans les voix, le président donnait son vote, et par cela même faisait détabler le tribunal. Cette explication est de M. Guillebert, dans son Dictionnaire neuchâtelois.
DE TÊTE, loc. adv. Par cœur, de mémoire. Réciter de tête. Dire de tête. Ne sais-tu pas de tête la fable des Deux Pigeons? Terme dauphinois, etc. Nous disons dans un sens analogue: Faire un paysage de tête; faire un portrait de tête.
DÉTRACTÉ, ÉE, partic. Détraqué, désorganisé (au sens figuré). J'ai des tiraillements dans le dos, j'ai un bruit continuel dans les oreilles, j'ai un brûlement dans le cou: je suis toute détractée.
DÉTRAQUE, s. f. Désordre, laisser-aller, désorganisation. La détraque s'est mise dans cette maison, et tout y va par le plus bas.
† DETTE (UN). Acquitter son dette. Avec soixante francs je pourrais en finir avec deux ou trois vieux dettes. Ce mot est féminin.
DEUX, adj. Deuxième. Prendrais-tu encore une tasse de café, ma bonne?—Merci, ma chère, j'ai ma deux (j'ai pris ma deuxième tasse).
DEVANT, prép. Avant. Les campagnards disent: Se lever devant jour. Partir devant la nuit, etc. Ce sens de la préposition «Devant» appartient à l'ancien français.