AGLÉTIR, v. a. Agglutiner, agglomérer, coller. Ce miel s'est agléti à mes doigts. En Savoie, dans le Jura et en vieux français, on dit: Agléter.
AGNOTI, s. m. (gn mouillés.) Nigaud, esprit lourd.
AGONISER, v. a. Insulter, injurier, outrager de paroles. Après avoir agonisé sa femme, il la chassée du logis. Terme suisse, savoisien, comtois, lorrain, etc. Nous disons aussi, avec un complément indirect, agoniser de sottises, agoniser d'injures. Dans le langage parisien populaire on dit: Agonir. Agonir quelqu'un de mauvais propos.
AGONISSANT, ANTE, adj. et s. Qui est à l'agonie. Écrivez par un seul s «Agonisant,» et prononcez agonizant.
AGOUILLARDIR ou AGOUILLARDER, v. a. Affriander, rendre friand. En donnant tant de bonbons à cette petite fille, vous finirez par l'agouillardir. Voyez GOUILLARD.
† AGOÛTER, v. a. Goûter. Agoûte-moi ce fromage. Terme vieux français.
AGOÛTION, s. m. Mouchoir tressé ou noué dru, avec lequel les écoliers se donnent des coups. Faire un agoûtion; se battre à coups d'agoûtion. Terme formé peut-être du verbe agoûter.
AGOUTTER, v. a. Mettre à goutte, mettre à sec, tarir. Agoutter un puits; agoutter une pompe. Les sources sont agouttées. Dans la langue provençale on dit: Agouta. Dans le canton de Fribourg on appelle agot une vache qui n'a plus de lait ou qui n'en a pas encore.
AGRÈS, s. m. pl. Nous disons que les raisins sont en agrès, lorsqu'ils ont passé fleur, et que les grains commencent à poindre. Dans notre canton, c'est vers les derniers jours du mois de juin que les raisins sont en agrès. Dans le canton de Vaud on appelle agrès, «les petites grappes de raisin qui poussent plus tard que les autres et ne mûrissent pas.» En languedocien agras, et en vieux français égret, signifient: verjus. R. agrestis ou acer.
† AGRIABLE, adj. Agréable. Agriable comme une porte de prison. On retrouve ce barbarisme en Savoie et dans divers patois du nord de la France.