SECRETAIRE, s. m. Nous prononçons tantôt secretaire et tantôt sécretaire. La prononciation véritable est: «SecrÉtaire.»

SÉGNIFIER ou SÉNIFIER, v. a. Signifier. À çà, Mariette, cette fréquentation qui se prolonge, me diras-tu qu'elle ne sénifie en rien? Terme vieux français.

SEICHE, s. f. Sorte de flux et de reflux particulier à notre lac et à celui de Constance. «On voit quelquefois, dit De Saussure, notre lac s'élever tout à coup de 4 ou 5 pieds, s'abaisser ensuite avec la même rapidité, et continuer ces alternatives pendant quelques heures. Ce phénomène, peu sensible sur les bords du lac qui correspondent à sa plus grande largeur, l'est davantage aux extrémités, mais surtout aux environs de Genève, où le lac est le plus étroit.» [Voyage dans les Alpes, t. I, p. 12.]

SEIGLE (LA). Sorte de blé. Les campagnards font habituellement ce mot féminin, parce qu'en patois il est féminin (la sey-la, ou la chăla).

SEILLE, s. f. Sorte de seau en bois, à oreilles, et de forme ronde, avec lequel on porte l'eau et le lait. Prends vite ta seille, Jaqueline: on crie à l'eau! La seille se porte sur la tête avec un coussinet que nous appelons torche. Terme vaudois. M. Bescherelle, en citant ce mot, dit qu'il s'employait «anciennement» dans le sens de: Vase, seau de bois. M. Bescherelle pouvait ajouter que toute la Suisse romane et les trois quarts de la France connaissent ce terme et en font un usage journalier.

SEILLÉE, s. f. Plein une seille.

SEILLOT, s. m. (o bref.) Petite seille, baquet. En 1535, le droit de bourgeoisie s'achetait pour quatre écus d'or et un seillot de cuir. Les dictionnaires de Boiste et de Bescherelle écrivent: «seilleau,» qui est la vraie orthographe; mais ils se trompent quand ils ajoutent que c'est un terme de mer: comme si l'on ne faisait usage de seilleaux qu'à bord des navires. On s'en sert en Suisse, en Savoie et en diverses provinces de France. Dans la Bresse et à Mâcon, on écrit: Seillet; dans le canton de Vaud et en Languedoc, seillon; à Lille, siellot, etc.

SELLE, s. f. Ne dites pas: Aller sur selle, mais: Aller à la selle, aller à la garde-robe.

SEMATURE, s. f. Ce qu'on peut semer dans une certaine étendue de terrain. Trois coupes de semature. Le mot français «contenance» ne rend pas exactement l'expression genevoise.

SEMBLANT, s. m. Ne dites pas: Il a fait cela pour semblant; il se fâchait pour semblant; ils se sont querellés, mais pour semblant. Dites: Il a fait cela pour rire; il se fâchait par manière de plaisanter, etc. Dans notre langage, pour semblant signifie aussi: Une petite quantité, un tantinet, fort peu. Madame boit-elle du vin?—Oui, j'en bois, mais pour semblant; donnez-m'en pour semblant. Dis-moi, Lisette, ne tombe-t-il pas une grosse pluie?—Non, Madame, il pleut pour semblant.