TOURNER, v. a. Tourner les moutons, tourner les vaches, etc. Les ramener du lieu où ils ne doivent pas paître à celui qui leur est destiné et d'où ils s'étaient écartés. On dit en patois: V'ri; et dans le patois limousin, vira (virer, tourner).

TOURNER, v. n. Au lieu de: La langue lui a tourné, on dit en français: La langue lui a fourché, la langue lui a manqué, c'est-à-dire: Il a prononcé par méprise un mot pour un autre.

TOURNER UN HABIT. Est une expression gasconne et incorrecte. Ne dites donc pas: Habit tourné, pantalon tourné, redingotte tournée. Dites: Habit retourné, pantalon retourné, etc.

TOURNER (SE), v. pron. S'altérer, changer en mal, se cailler, tourner. Notre lait s'est tourné. Ce vin se tournera si l'on n'y prend garde. Nous disons aussi, par exagération, d'une personne qui a éprouvé une forte émotion, un saisissement violent et pénible: Son sang s'est tourné. Il faut dire: Le sang lui a tourné, c'est-à-dire: Il s'est fait dans son corps une révolution subite.

TOURNER (SE), v. pron. Nous disons figurément de quelqu'un qui est perplexe, embarrassé dans une affaire et qui ne sait quel parti prendre: Il ne sait de quel côté se tourner. On doit dire: Il ne sait de quel côté tourner.

† TOURNER (S'EN), v. pron. S'en retourner. Tourne-t'en, Gaspard: on serait en peine chez toi. Voici la nuit, tournons-nous-en. Expression languedocienne.

TOURNICOTER ou TOURNILLER, v. n. Tournailler, tourner fréquemment, rôder, virer, faire cent tours et détours. As-tu assez tournillé, assez viré, et t'asseyeras-tu enfin? Le dictionnaire de Bescherelle et le Complément de l'Académie disent que tourniller est peu usité en France. A Genève il est fort connu.

TOURPIN-TOURPINANT, loc. adv. Clopin-clopant. Aller tourpin-tourpinant, signifie: Manquer d'aplomb dans sa démarche, chanceler.

On voyait des trous à ses bas,

Ses souliers acculés. . . . Mais le plus ridicule