TOUR, s. m. Nous disons: Celle nouvelle m'a donné le tour, pour: Cette nouvelle m'a troublé, m'a bouleversé, m'a tourné le sang. La vue de ce cadavre livide m'a donné le tour.
TOUR, s. m. Nous disons: Donner le tour, pour: Faire le tour. Par où dois-je passer pour arriver facilement à ton logis?—Il te faut donner le tour par la cathédrale.
TOUR, s. m. Faire le tour, donner le tour, signifient: Suffire à la dépense de l'année, joindre les deux bouts. Eh bien, Jacques, les affaires vont-elles mieux?—Oui, un peu mieux; avec beaucoup d'économie j'ai pu faire le tour.
TOUR, s. m. S'en donner deux tours, ou s'en donner deux tours et la revirée, signifie: S'en donner à outrance, se divertir à fond, se livrer à ce qu'on fait complétement et sans arrière-pensée. Voyez [REVIRÉE].
TOURMENTE, s. f. (fig.) Le dernier degré de l'ivresse.
TOURMENTE-CHRÉTIEN, s. m. Celui qui obsède, importune, tourmente quelqu'un. Laisse-moi tranquille, tu n'es qu'un tourmente-chrétien. On retrouve la même forme dans: Un tourmente-enfants, un gâte-enfants.
TOURNE (LA). La retourne. Terme du jeu de cartes. Quelle est la tourne?—Il tourne pique. Français populaire.
TOURNELLE, s. f. Petite tour, tourelle. Un château à quatre tournelles. Terme franc-comtois, berrichon, etc.
TOURNEMENT DE TÊTE, s. m. Tournoiement de tête, vertige. Être sujet aux tournements de tête. «C'est ainsi que l'on peut s'accoutumer à voir sans crainte et sans tournement de tête, les abîmes les plus profonds.» [De Saussure, Voyages dans les Alpes, t. Ier, p. 366.] Terme suisse, savoisien et méridional. J.-J. Rousseau a dit correctement: «Les lieux escarpés me font tourner la tête, et j'aime beaucoup ce tournoiement.» [Confessions, livre IV.]
TOURNER, v. a. Terme de certains jeux de cartes. Que tourne-t-il? Dites: De quoi tourne-t-il?—Il tourne cœur, il tourne carreau.