VENGERON, s. m. Sorte de poisson. Voyez [VANGERON].
† VENIMEUX, EUSE, adj. Malsain, parlant des personnes. Un enfant venimeux, dans le langage très-populaire, est un enfant dont le sang est vicié.
VENIR, v. n. Devenir. Depuis ces bonnes pluies, la campagne est venue bien verte. Je crois, ma chère, que je viens sourde. Terme français populaire.
VENIR (SE), v. réfl. Cet enfant a une excellente nourrice: il se vient bien (il vient bien), c'est-à-dire: Il prospère, il grossit, il prend un air de santé. Notre Émélie, qui était toute moindrolette, il y a deux mois, se vient très-joliment aujourd'hui.
† VENIR (S'EN), v. pron. Ce verbe est français. On dit: Venez-vous-en; t'en viens-tu? etc. Mais on ne dit pas, au parfait indéfini: Elle s'est en venue; ni: Je me suis en venu; elle s'en est en venue; tâchez voir que Jean-Pierre s'en en vienne. On dit: Elle s'en est venue; tâchez que Jean-Pierre s'en vienne, etc.
VENIULE, s. f. Venelle, passage étroit, sentier. Il s'est échappé par la veniule; il a pris une mauvaise veniule; il a manqué la veniule. Au sens figuré: Être dans la veniule, enfiler la veniule, signifie: Être dans la bonne voie; trouver le moyen de réussir.
VENT, s. m. Les vents qui règnent dans le bassin de Genève et sur le lac Léman sont au nombre de huit, savoir: 1o Le Môlan ou la Môlanne (vent d'est), ainsi appelé parce qu'il vient du côté de la montagne du Môle: vent paisible et qui n'est presque jamais orageux. 2o Le Bornand (vent du sud-est), ainsi nommé parce qu'il vient du côté des montagnes du Grand et du Petit-Bornand, en traversant les Bornes et le mont Salève. Il souffle ordinairement par rafales et excite de grands orages. 3o Le Creuseilland (vent du sud), ainsi appelé parce qu'il vient du côté de Creuseille et du mont de Sion. C'est le vent proprement dit. Il souffle le plus souvent par bouffées, et occasionne quelquefois de grands orages. Quand il amène la pluie, elle dure assez longtemps. 4o Le Michailland (vent du sud-ouest), ainsi nommé parce qu'il vient du côté de la Michaille, petit pays situé sur la rive droite de la Valserine, à l'ouest du fort de l'Écluse. Quand il souffle en été, c'est une espèce de sirocco; et s'il règne durant quelques jours aux approches des moissons, il fait venter les blés, qui dépérissent et ne produisent que des grains avortés ou retraits. 5o Le Bourguignon (vent d'ouest), ainsi appelé parce qu'il vient de la Bourgogne, du côté de Chézery et de Lélex. Il traverse le mont Jura, et s'abat quelquefois avec furie sur les villages du pays de Gex situés au pied de cette montagne. 6o Le Joran (vent du nord-est), qui vient du côté de la partie du Jura qui avoisine la ville de Gex. Il souffle ordinairement par bouffées et excite souvent de grands orages. 7o La Bise (vent du nord). Elle amène d'ordinaire le beau temps. Si elle est accompagnée de pluie, on la nomme Vouaret, dans certaines localités. 8o Le Séchard (vent du nord-est), ainsi nommé à cause de sa qualité desséchante. Il nous arrive par le lac et amène presque toujours le beau temps. Quand il règne, le ciel est serein ou peu chargé de nuages. Le peuple du bassin de Genève l'appelle aussi, dans son langage expressif: La Dame de Lausanne, Notre Dame de Lausanne. [P. G.]
VENT (LE). C'est ainsi que nous désignons d'un seul mot le Vent du midi. Le vent s'élève, nous aurons de l'eau. Le vent n'est pas comme les vieilles femmes, il ne court pas pour rien, c'est-à-dire: Qu'en dernier résultat il amène un changement de temps et la pluie.
VENT BLANC, s. m. C'est le nom que nous donnons au vent du midi, quand il souffle sans couvrir le ciel de nuages. Terme neuchâtelois.
VENTER, v. n. Nous disons d'une chandelle allumée qu'elle vente, lorsque la flamme en est agitée par le vent et que le suif se fond plus vite. Nous le disons aussi des rideaux. Les rideaux ventent lorsqu'ils sont mis en mouvement par l'action de l'air.