—Mais l'automobile, c'était à Vérone.
—A Vérone! mais alors quittons Milan, mon cher, marchons.
—Quittons Milan! Si vous croyez que c'était facile! Il a fallu que je me fâche, on ne voulait pas nous conduire à la gare; nous avons quitté Milan le lendemain matin, à neuf heures. Il était temps; le même jour, à midi, les grévistes dételaient les fiacres et renversaient les omnibus d'hôtels.
—Oui, oui, nous avons lu cela dans les feuilles; vous étiez donc à Vérone?
—Oh! nous avons d'abord été à Bergame et au lac de Garde.
—Passons, passons, vous étiez donc à Vérone; qu'y faisiez-vous, je vous croyais parti pour Venise?
—Ah! vous ne connaissez pas Hélène. Il faut toujours s'arrêter à Vérone à l'aller ou au retour. C'est une de ses marottes; il y a la place des Signori, il y a les tombeaux des Scaliger, et puis un certain Saint-Zénon et un jardin Justi, que personne ne va voir, mais dont elle a la manie.
—C'est bon, c'est bon, style télégraphique, Désambrois. Vous étiez donc à Vérone.
—Nous y arrivons le 19 pour déjeuner et, pendant que nous étions à table, la grève y éclate.
—Bruit de foule, galopades, bersaglieri en tenue de campagne, boutiques immédiatement closes, passez, passez, passez la description.