La marquise de Spolete, à Lord et à Lady Quray, attentifs. — Le petit village, là-haut, ces koubas et ces villas arabes ?
Lord Quray. — Oh ! yes, Bou-Saïd.
Marquise de Spolete. — C’était la ville haute, celle où s’étageaient les immenses terrasses des palais de Carthage, l’emplacement même du quartier des riches, l’endroit où Flaubert, dans son beau roman de Salammbô…
D’Héloé. — Ça y est.
Marquise de Spolete. — A fait rêver, les soirs de lune, l’ardente virginité de la fille d’Hamilcar.
Mme Baringhel. — Et Lady Quray ne bronche pas ?
D’Héloé. — La phrase est dans le guide, c’est une vieille connaissance.
Marquise de Spolete. — Vous vous rappelez la belle description du lever de soleil sur Carthage, dans le roman ; la mer moirée et laquée d’argent avec le profil des montagnes du golfe et les chevaux consacrés au soleil hennissant vers l’aurore et frappant de leurs sabots dorés le parapet du temple.
Mme Baringhel. — Elle sait le roman par cœur.
Marquise de Spolete. — Vous avez vu les citernes ? toutes les données scientifiques portent à croire que le temple de Moloch s’élevait tout auprès.