Et, s'étant brusquement baissée jusqu'aux mains du jeune homme, la princesse les avait couvertes de baisers.

L'homme, brusquement cabré au contact des lèvres dévorantes, avait repoussé la femme. Il l'injuriait maintenant:

—Mais, vous êtes vieille, regardez-vous dans une glace! Comment voulez-vous que je vous aime? Comment osez-vous espérer que moi?... Mais j'ai vingt-cinq ans.

—Non, vingt-sept, vingt-sept! tu me l'as dit, clamait la malheureuse disputant désespérément son bonheur.

—Mais vous en avez cinquante, plus de cinquante... Vous pourriez être ma mère... Et puis, vos enfants, votre mari... Tout cela me dégoûte, me répugne... Je ne suis pas chez vous. En somme, je suis chez le prince.

—Tu seras chez moi quand tu voudras, dis un mot, Didier, je quitte la villa, j'en loue une autre. Nous irons où tu voudras. Dis un mot, mais dis-le... Veux-tu que nous allions à Venise, à Florence? Je connais toutes ces villes; il y a des musées, des palais, des paysages admirables; tu dois désirer les connaître, tu ne les as jamais vus... Oh! les voir avec toi! Je t'en ferai les honneurs.

—Si vous aviez seulement vingt ans de moins, ricanait l'homme goguenard.

—Ah! Didier, avec une jeune femme tu partirais demain!... Mais jeune, je le deviendrais pour toi... A force de volonté et d'amour... Il y a des soirs où je suis belle, et je lis parfois encore des désirs dans les yeux.

—Oui, quand vous avez tous vos diamants... et toutes vos perles, comme l'autre soir.