Et, en marge, soulignant le cauchemar abominable, cette pensée de Goya en français et en espagnol:
Le génie dénué de la raison enfante des monstres.
Pourquoi Claudius m'a-t-il envoyé cela? Que veut-il dire? Quel est son but? Quel est le sens de cette eau-forte hideuse et de son envoi de lui à moi, car elle me fait mal à regarder, cette introuvable épreuve, elle m'attire, me repousse et m'attache? Il y a comme un poison dans ces prunelles dardées et fixes!
Et l'horreur de ces sangsues à face humaine, de ces virgules ondulantes et fluentes, qu'enfante le crâne en fusion, le cerveau m'en fait mal.
Après le Torop, le Goya! J'ai beau chercher, je ne m'explique pas! Et ce retour diffère de jour en jour...
Quel jeu sinistre cet Anglais de mystère joue-t-il donc avec moi?
«5 août.—Toute la nuit, d'étranges reptiles à bec de cigogne, des crapauds ailés comme des chauves-souris, puis d'énormes scarabées au ventre entr'ouvert tout grouillant d'helminthes et de vers, des enfants nouveau-nés s'effilant en sangsues, et d'atroces imaginations d'insectes et d'infusoires ont pullulé dans les rideaux de mon lit.
J'ai sué d'angoisse et me suis débattu dans les affres d'un térébrant cauchemar. L'eau-forte de Goya a enfanté ces monstres, je doublerai ma dose de bromure ce soir.
«8 août 98.—Une lettre de Claudius. Elle est timbrée d'Ostende; une lettre et un rouleau de parchemin! Quelque nouvel envoi?
Voyons la lettre d'abord: