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Un jour tu sentiras peut-être
Le prix d'un cœur qui vous comprend,
Le bien qu'on trouve à le connaître
Et ce qu'on souffre en le perdant.
24 mars 1899.—Ces vers de Musset, lus au hasard des pages tournées machinalement, pourquoi m'emplissent-ils aujourd'hui les yeux de larmes? Et, moi qui n'ai peut-être pas pleuré une fois depuis vingt ans, moi qui, dans mon enfance même, n'avais pas l'émotion facile des autres enfants, pourquoi suis-je aujourd'hui douloureusement et délicieusement remué en lisant cet adieu?... Ce livre, pourquoi l'ai-je ouvert seulement? Comme ceux de ma génération, j'ai le plus profond mépris pour Musset, et voilà que les quatrains du poète de Rolla m'ont chaviré le cœur dans une mer de larmes.
Adieu: je sens qu'en cette vie
Je ne te reverrai jamais.
C'est que cette détresse poignante et cet orgueil d'amant résigné au départ de la maîtresse qui l'abandonne, je ne les ai jamais ressentis.