—Cela se prononce Popesquiou. C'est un nom roumain. Le jeune Grégory est de Bucarest, comme M. de Max.

—Et au Conservatoire?

—Tu l'as dit. Un point, c'est tout. Nous n'aurons pas d'autres phénomènes; mais c'est très suffisant.

—Ah! Et ces messieurs se recommandent à l'attention par…?

—Chacun a une manie très spéciale, une lionnerie, comme on disait sous la Restauration. Ainsi, le jeune Yvanis, qui traduit miraculeusement les poètes grecs et a commis un adorable pastiche des idylles de Théocrite, vit maritalement avec un mannequin de cire.

—Tu dis?

—La vérité. Pierre Yvanis possède dans sa garçonnière, dans sa frissonnière, si tu aimes mieux, une admirable poupée de grandeur naturelle, modelée par un véritable sculpteur, laquelle, revêtue de précieuses robes japonaises, repose sur un lit de parade, côte à côte avec le lit de camp d'Yvanis. Il a pour cette idole un véritable culte et lui adresse des vers, des sonnets et des fleurs.

—Mais, c'est de la folie!

—Non, c'est de la pose et c'est aussi de la réclame. Dans un certain monde, on appelle Yvanis: l'homme à la poupée de cire. Vendredi, tu entendras couramment tous ces messieurs demander à Yvanis des nouvelles de sa maîtresse.

—Et on ne lui en connaît pas d'autres?