—Comme ses perles, mais son style a tout de même de l'allure; il pastiche aimablement Saint-Simon et le président de Hainaut. Le malheur est que ses lettres soient datées de 1904. Il n'y a qu'un écart de deux siècles. Ecrites en 1704, ce serait parfait. Inutile de me communiquer ton épître, la mienne me suffit. Tu y viens, n'est-ce pas? Nous y allons.
—Mais…
—Mais si, mais si. Il faut avoir vu ça au moins une fois dans sa vie. Et puis, il y a les petits amis, ceux sur lesquels tu veux obtenir quelques tuyaux et renseignements. Les petits amis sont très intéressants. Ah! à eux seuls ils valent le voyage!
—Meyran, tu te paies ma tête.
—Attends que nous nous soyons offert la leur. Tu ne verras chez sir Edward Ytter que des jeunes gens du meilleur monde et du goût le plus suave. Ecoute, j'ai la liste: d'abord, le jeune Maxence Damora, l'inséparable d'Edward Ytter. Je l'avais invité l'autre jour à déjeuner pour t'habituer graduellement à cet étrange milieu.
—Le petit jeune homme à l'orchidée verte?
—Parfaitement, le petit jeune homme à la chambre lophophore.
—Et mandarine!
—Nous trouvons ensuite M. Pierre Yvanis, le fils de la belle madame Yvanis; lord Eginard Chapmann, un Irlandais plus très jeune, mais très particulier… C'est un globe-trotter infatigable: il a fait cinq fois le tour du monde… Evariste Bouchetal, qui fait de la littérature, et Grégory Popescu, qui veut faire du théâtre.
—Popescu?