—«Non, tout Paris les connaît. Je dois bien quelques objets nouveaux à votre curiosité!»
Le jeune Damora n'ayant rien dit, je souffrais de son silence.
—«C'est vous, monsieur, croyais-je devoir l'interroger, c'est vous qui avez une chambre lophophore?»
—«Et mandarine!» me répondit le jeune éphèbe.»
Nous nous quittâmes «ravis» les uns des autres.
II
LIONNERIES
«Monsieur, l'autre matin, chez Paillard, vous avez bien voulu me marquer le désir de visiter le vieil hôtel de Chamarande où j'ai la chance d'avoir pu loger les quelques bibelots qui m'ont valu l'honneur de votre curiosité.
«Si vous n'avez rien de mieux à faire vendredi prochain, entre cinq et six heures, voulez-vous, monsieur, me faire l'extrême plaisir et la faveur grande de venir prendre une tasse de thé, quai d'Orléans? Les vieilleries dont nous avons le goût commun gagnent à être vues à la clarté des cires, dans la pénombre de la nuit tombante. Le lit de Monsieur, frère du roi, et la commode de Mme de Maintenon, que j'ai l'heur de posséder, attendent, dès aujourd'hui, la grâce de votre visite. Depuis notre déjeuner, deux autres objets assez rares, que je guignais, me sont également échus, que je serais heureux de soumettre à votre critique: ce sont deux pièces assez curieuses, sinon uniques, dont un musée, je crois, pourrait s'enorgueillir.
«Quelques amis me font l'honneur de me venir voir vendredi à l'heure dite. Croyez qu'ils se feront une joie et escomptent déjà celle de vous être présentés.
«M. Hector Meyran, à qui j'écris pour lui faire signe, vous renseignera sur leur respective personnalité et leurs réels mérites. Je lui en communique les noms. Je me fais fort de vous faire goûter, vendredi, des confitures de goyave et des petits pains fourrés aux huîtres qui ne sont pas indifférents.
«Il n'y a pas présomption, n'est-ce pas, monsieur, à vous dire que j'ose compter sur vous?»
Et la lettre était signée Edward Ytter.
En post-scriptum, ces simples mots:
«La duchesse d'Iddleton servira le thé.»
Cette lettre ne laissait pas de me causer un certain effarement; il y a des styles qui déconcertent. C'était Meyran qui m'avait présenté cet Ytter. Je sautais en fiacre et courais chez mon ami Meyran.
—Je sais ce qui t'amène, me disait celui-ci dès le seuil: tu as reçu une convocation du jeune sir Ytter. Moi aussi.
—Sa prose est un peu baroque…