—Monsieur, c'est une demoiselle de la maison Gérard, Hermeline et Sœurs. C'est pour Mme de Saint-Yriex, un renseignement qu'on voudrait avoir.

—Gérard, Hermeline… les couturières… Qu'est-ce qu'elles peuvent me vouloir? Ça ne me regarde pas!

Subitement taquiné par l'idée d'une note en souffrance, de quelque arriéré de compte de sa femme, et, d'ailleurs, en n'y croyant pas,—Mme de Saint-Yriex étant, avant tout, une femme d'ordre,—bref, pour en avoir le cœur net, Saint-Yriex se levait, posait là sa serviette et passait dans le hall. Il y trouvait une grande jeune fille en pourparlers avec les employés du vestiaire. Très simplement, mais très élégamment vêtue de noir, un carton à la main, tournure de mannequin ou d'employée de grande maison de modes. La vue de l'écrivain lui fermait brusquement la bouche et la faisait rougir jusqu'à la racine des cheveux. Elle les avait blonds et brillants sur un visage dont de grands yeux marrons ne sauvaient pas l'insignifiance. La jeune fille faisait un pas vers Saint-Yriex et s'arrêtait tout à coup.

—Mademoiselle de la maison Gérard-Hermeline?… Vous désirez?…

La rougeur de la jeune fille fonçait jusqu'à la pourpre sombre, et d'une voix presque éteinte, dans un balbutiement qui flattait la vanité du maître:

—Pardonnez-moi, excusez-moi, monsieur, c'est ce carton: un corsage pour Mme de Saint-Yriex. On m'a chargée de le lui porter, et j'ai oublié son adresse. Alors, j'ai eu l'idée de venir vous la demander ici.

—L'adresse de ma femme? 11, rue Bassano!…

—Merci, monsieur, j'y vais.

—Inutile, mademoiselle, mon secrétaire vient ici tous les jours; il portera le carton. Laissez-le.

—Merci, vous êtes bon, monsieur.