Eh bien, ce réveil avait du charme: les elfes et les fées des ballades moyen âge n'avaient pas d'autre façon d'opérer; les lieds et les romances des troubadours en langue d'Oc, des trouvères en langue d'Oil sont remplis de méfaits en tous points semblables; la Bible elle-même est pavée de ces mauvais exemples: c'est Dalila barbottant les cheveux de Samson pendant son sommeil pour le livrer sans force et sans défense aux Philistins de son époque; Jahel abusant du repos de Sisara pour lui clouer traîtreusement le crâne au plancher; Judith profitant de l'assoupissement et de la détente nerveuse d'Holopherne pour lui dérober sa tête et la lui emporter, dans un sac, loin de son pauvre corps demeuré sous la tente.
Elle fut Dalila
Qui coupait les cheveux de Samson… Attila
Fut par elle égorgé dans la chambre de noces.
Sous les tentes de cuir, où veillent les molosses.
Son ombre avec Judith errait dans Israël,
Et bien des cous tranchés ont sur son bras cruel
Saigné.
Exploits bien féminins et opérations délicates qui expliquent comme une revanche les coups de tranchoir des Prado, des Pranzini, et les suicides à survivance, de l'école Chambige et Cie, dite des Sensibles ratés!
Sanglantes et terribles aïeules dont les petites endormeuses des Batignolles ne sont, après tout, que les arrière-petites-filles, aux mœurs très adoucies, comme qui dirait d'aimables dégénérées!