Mardi 20 juin.—59, rue Lepic, à la soirée Léandre, minuit et demi:

De la chaleur du jour encore tout accablés,

Dyos et Théréa sont blottis dans les blés.

Ces sensualités rythmées de M. Francis de Croisset, c’est la voix chaude et captivante de mademoiselle Laparcerie qui, tour à tour, les mord et les caresse; une voix savante, un peu sombrée, qui, par moments, devient rauque et défaille, comme un roucoulement de colombe pâmée d’amour.

Dans les bras de Dyos, parmi les épis d’or,

Théréa, souriante, un peu lasse, s’endort.

Une musique de Thomé souligne et soutient les gestes et la voix de la tragédienne; comme une ardeur s’émane de toutes ses attitudes, et le public d’artistes entassés là, peintres, graveurs, journalistes et poètes, croient voir s’animer et prendre vie dans la personne même de la diseuse, la voluptueuse image de Théréa.

La chair brûle ses doigts, elle est ardente et rose,

La caresse se fait plus lente et se repose,

Dyos sent le parfum des cheveux le griser.