La Faculté dont vous êtes deux illustres maîtres, est obligée par ses travaux de rechercher des cadavres humains—et l'on voit, à chaque exécution, ce spectacle bizarre d'un aumônier de la Grande-Roquette qui vous dispute, au nom du supplicié, le double lot d'une tête, d'un tronc et des membres.
Ainsi, l'aumônier prive la science et il diminue son apostolat.
Généralement, Messieurs, vous opérez sur des dépouilles d'hôpital, et quelquefois sur des noyés ou sur des victimes du revolver et des nombreux modes d'exil terrestre. Mais il est assez rare, je crois, qu'un vivant vous fasse hommage de son cadavre: veuillez accepter le mien en souvenir de notre amitié, de votre haute bienveillance.
Je désire que l'autopsie ait lieu dans le grand amphithéâtre, en présence de vos collègues, du major Lapouge et de tous les autres docteurs militaires ou civils, internes et étudiants, que vous jugerez utiles à ce labeur suprême.
Messieurs, puissent vos études éclairer les adeptes de la morphine! Puissent mon exemple et vos leçons détruire à jamais cette source d'horreurs—ce fléau pire que les batailles!
Votre admirateur et ami,
Comte Raymond DE PONTAILLAC, capitaine au 15° cuirassiers.
Fait à Paris, le 23 février 1891.»
XVI
Les pharmaciens ne voulaient plus livrer de morphine, sans ordonnance, à la matrone de la rue des Trois-Frères, et comme Mme Xavier et Angèle ignoraient la pharmacie Hornuch, Mme de Montreu—en privation de l'élément vital—traversa de nouvelles crises.