Demeurée seule, Christine appela Rajileff et furieuse de la visite du reporter, se détendit les nerfs, aux accords du piano, avec des roulades.

* * * * *

Vers les quatre heures, un landau, attelé d'une magnifique paire d'orloffs, s'arrêta devant l'hôtel de la villa Saïd, et le capitaine de Pontaillac en descendit.

—Ah! te voilà enfin! gémit la Stradowska, toute éplorée entre les bras de Raymond.

Ils restèrent un moment serrés l'un contre l'autre. L'officier inventait des excuses, mais Christine lui ferma la bouche d'un baiser.

—Ne mens pas?… Tu ne m'aimes plus… Tu aimes une autre femme?…

—Je te jure…

—Ne mens pas!

Le souvenir de la marquise de Montreu lui brûlait le cœur et les lèvres, mais elle se sentit le courage de se dominer, prête à tous les pardons, à toutes les grandeurs.

—Aime-moi un peu?