—Oui, monsieur, c'est moi. J'ai l'argent.
—Je me moque de l'argent!… A qui l'as-tu vendue?
—A ma tante.
—Madame Gouilléras?
—Oui, patron. J'ai vendu en plusieurs fois, et je vais chercher l'argent là-haut.
—Gredin! Canaille!… F…-moi le camp!
Mais, sur la prière de M. de Montreu, le pharmacien se résigna à entendre les raisons de Victor.
Lui, fils de M. Abel, le frère ruiné de M. Adolphe Gouilléras, que serait-il devenu, sans l'assistance de l'oncle riche? Cette assistance, il la devait surtout à la tante Mathilde, car l'oncle Adolphe ne l'aimait guère. Quoi de plus naturel que d'exprimer sa gratitude à Mme Mathilde, en lui fournissant des grammes de morphine qu'elle payait?
—Mon seul tort, ajouta-t-il, c'est de ne pas avoir mis l'argent dans la caisse, mais on se serait aperçu de la vente, et Mme Mathilde tenait à garder le secret.
—Triple idiot! Triple brute! reprit le pharmacien, tu as peut-être empoisonné ta bienfaitrice!