Toujours est près de moy.
. . . . . . . . .
Elle écrivait, vers la même époque, (1561), à Philippe II :
« Monsieur mon bon frère, je n'ay voulu laysser perdre ceste occasion pour vous remercier des honnestes lettres que m'avés despèchées par le signor don Antonio, et des honnestes langages que lui et vostre ambassadeur m'ont tenu du regret que aviés de la mort du feu roy, mon seigneur ; vous assurant, monsieur mon bon frère, que vous y avés perdu le meilleur frère que vous aurés jamais, et consolé par vos lettres la plus affligée pauvre femme qui soyt soubs le ciel, m'ayant Dieu privé de tout ce que j'aymois et tenois cher au monde… Dieu m'aydera, s'il lui plest, à prendre ce qui vient de luy en patience. Car, sans son ayde, je confesse trouver un si grand malheur trop insupportable pour mes forces et peu de vertu.
« Vostre bien bonne sœur et cousine,
« M. »
En même temps, Marie Stuart renonça au titre et aux armes de reine d'Angleterre, et se réfugia dans le couvent de Saint-Pierre, à Reims, auprès de Renée de Lorraine, sa tante. C'est là qu'elle se résolut à quitter la France, où elle ne régnait plus, et qui s'était rangée sous l'autorité de Catherine de Médicis.
Dès que cette décision fut connue, un cri s'échappa de la poitrine de Ronsard. Le poëte, dans cette plainte personnelle, fut sans le vouloir l'interprète ému, la voix profonde, harmonieuse, de toute la cour :
Comme un beau prés despoüillé de ses fleurs,
Comme un tableau privé de ses couleurs,
Comme le ciel, s'il perdoit ses estoiles,
La mer ses eaux, la navire ses voiles,