— Pas pour autre chose…
— Alors j’y consens !
A partir de ce jour-là nous tirâmes chacun de notre côté.
J’abandonnai le ruisseau à Patrice et allai m’installer plus loin à un endroit où la rivière vient presque lécher le pied de la falaise.
Il y a là, sur environ deux milles, entre la rivière et la paroi du rocher, une petite grève qui, tout de suite, m’apparut d’une richesse extrême, — et cette richesse se renouvelait en l’espace d’une nuit, — c’était admirable.
J’étais, chaque jour, rendu sur les lieux, comme Patrice à son ruisseau, à la première pointe du jour… Les journées étaient si vite finies !… Je me mettais au travail, et, quelque temps qu’il fît, par la pluie, le vent, la neige, — les grands froids annoncés par Patrice n’étaient pas encore venus et le thermomètre se maintenait entre 15 et 20 au-dessous de zéro, — je ne démarrais pas de ma tâche avant la nuit. Je travaillais avec une sorte de frénésie… Par moment, j’étais forcé de m’arrêter, de m’asseoir sur un plateau de rocher… Je haletais, j’étais trempé de sueur…
Vers une heure, deux heures après midi, je mangeais un morceau de poisson fumé, buvais une gorgée d’eau-de-vie, — ce qui me prenait bien cinq minutes, — et, sans me donner le temps de digérer ni de souffler, je me remettais à la besogne.
Ainsi jusqu’à la nuit complètement tombée…
Alors, je rassemblais mes outils, et, mes poches bourrées de paillettes d’or (oui, bourrées !… si extraordinaire que cela semble !…) je rentrais à la hutte, exténué.