D'innombrables plaisanteries circulent en Belgique. Écrites à la machine sur un bout de papier, elles passent rapidement de main en main, laissant derrière elles un large sillage d'éclats de rire. Voici quelques-unes de ces anecdotes, à titre d'échantillons:

Un paysan venait chaque jour en ville avec sa charrette attelée d'un âne. Le vieux landsturm, tout-venant avec 80% de gros[27], qui était de faction à l'entrée de la ville, examine ses papiers et demande le nom de l'Ane.

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27 [ C'est la formule classique des marchands de charbon à Bruxelles: leur tout-venant contient 80% de gros. On désigne ainsi le landsturm (Note de J.M.)]

—Mon âne! il n'a pas de nom!

—Il faudra lui en donner un. Chez nous, tous les ânes ont un nom. Je pourrais facilement vous en citer 93.

Quelques jours plus tard:

—Eh bien, dit le landsturm, avez-vous choisi un nom?

—C'est que... je n'en trouve pas de convenable.

—Appelez le donc Albert.