— Oh ! ça non, bien sûr… convint le bonhomme, qui de son pied grattait le sable, à la façon d’une mule entravée et pensive.

— Alors, savez-vous ce qu’il faut faire ? demanda Mlle Lemarquier en se rapprochant. Nous allons réparer cet oubli. Une jolie fête au Port, un de ces dimanches, avant l’hiver… Je serai marraine, naturellement… cela vous va ?

— Ah ! Demoiselle, si ça me va !

— Et mon père se fera un plaisir d’être parrain. Nous mettrons la barque sous la protection de ma patronne… la Sainte-Madeleine, qu’en dites-vous ?

A quoi le braconnier, le mécréant montré du doigt aux petits enfants par les matrones de l’île, et qui ne savait même plus discerner l’un de l’autre le glas et l’angélus, répondit convaincu :

— Demoiselle, c’est bien de l’honneur que vous me faites, et sainte Madeleine aussi. C’est-il pas trop beau de penser qu’elle s’intéressera à un vieux crabe comme je suis ?

CHAPITRE V

— Savez-vous la nouvelle, mère Pavin ?

— Non là, qu’est-ce qu’il y a ?

— Le braconnier de la mer fait baptiser son bateau !