Rayonnant, Valmineau se leva d’une pièce :
— Je suis tout à vous, Demoiselle, l’homme, la barque et la cambuse ! D’abord, vous le savez bien. Qu’est-ce qu’il faut faire ?
— Les enfants marcheront devant les marins. Mon père et moi, nous ne sommes ni des petites filles ni des pêcheurs…
— Comme de juste, observa l’honnête braconnier.
— Alors, pour qu’Annie ne se sente pas toute seule dans la procession, il faudrait que vous y figuriez…
— Moi ! grogna le solitaire. En colonne, avec les autres ?
— Justement, comme les autres.
— Faudrait peut-être bien aussi porter un cierge ?
— Je ne sais pas, c’est un détail qui n’est pas encore réglé.
Le bonhomme hésitait. Un moment il considéra la jeune femme qui se tenait devant lui, souriante et affable : dire que c’était si fragile, et que ça l’avait sauvé ! et qu’elle venait lui demander, comme ça, tranquillement, une chose… mais une chose !