Des tentures blanches à paysages peints suspendues de pilier à pilier sur des tringles de cuivre comblent le vide des arcades, sauf une.
Par elle Miranda regarde le vol elliptique de la mouette, et la mer.
L'harmonieuse pluie chante. Elle brode sa cristalline mélodie de clochettes sur le gémissement uniforme du reflux.
Gènes se noye dans la liquescence de l'air et des sons, Gènes et ses maisons assises comme un peuple, et les fresques olympiques du palais, et les myrtes.
L'atmosphère se glauque avec des teintes d'aquarium.
Pétale à pétale s'effeuillent les roses pourpres.
LE CAS DE MONSIEUR DE LORN
I
Ah! mais! C'est qu'il n'était pas du tout rassuré, le beau Fernand de Lorn, en entrant pour la première fois dans la chambre nuptiale. Pensez donc! Effeuiller une couronne d'oranger! ce n'est pas si commode, surtout pour un viveur de trente-six ans, à qui la patte d'oie arrive, escortée d'une longue séquelle de vilaines choses. Il faisait encore vaillamment ses preuves chez la grosse Tata, ou chez la maigre Toto; mais là, c'était autre chose: vins généreux, écrevisses diantrement poivrées et propos plus poivrés encore. Et puis on avait l'habitude, cette sacrée habitude si précieuse. Et l'on pouvait se mettre à son aise avec Tata, et avec Toto, donc; cette petite friponne de Toto, savante à vous émoustiller le plus vanné des académiciens. Mais allez donc vous faire comprendre par une jeune fille de dix-neuf ans, élevée sous les jupes roides de sa maman, et la première nuit de vos noces encore!
C'est à toutes ces bêtises qu'il pensait avec inquiétude, Fernand de Lorn, correct et pâle dans son habit noir sous la douce lueur de la veilleuse, tandis que la mariée faisait semblant de s'occuper de sa traîne pour cacher son embarras.