Une fois, en passant devant la brasserie où servait Hortense, elle la trouva sur la porte.

— Entrez donc : il n'y a personne ; si vous saviez ce que je m'embête!

Elles causèrent.

Henriette, incitée à la confiance par des aveux francs, émit ses désirs de vie plus officielle, plus luxueuse surtout. Alors l'autre donna des conseils, traça un mode de conduite suivant l'âge et l'allure des hommes.

Souvent revint Henriette.

Albarel subissait sur le turf une déveine noire. Hortense proposa de la mettre en rapport avec un monsieur sûr. La chose peut-être se fût faite. A l'heure décisive quelle folle peur la surprit, une larmoyante crainte de quitter Maurice et de ne plus goûter à ses lèvres. Un repentir par avance de la honte et du désespoir qu'elle eût causés.


Une après-midi la blanchisseuse ayant rapporté les peignoirs, elle se vêt de dentelles blanches, le seul luxe qu'elle possède encore. Longtemps, longtemps elle se coiffe, et sur le balcon, elle s'installe, un livre aux mains.

Dans la rue, Castelan, de son fiacre, salue ; et, par signes, interroge s'il peut la rejoindre. Un instant elle hésite, rougissante. Elle acquiesce enfin. Et le temps qu'il monte, elle soupçonne un viol, une faute, Hortense et Albarel trompés, toutes les émotions d'un crime passionnel.